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Israël

Fortes turbulences entre les juifs orthodoxes et la compagnie israélienne El Al

Des juifs orthodoxes en prière au bord de la mer Méditerranée
Des juifs orthodoxes en prière au bord de la mer Méditerranée JACK GUEZ/AFP

Les relations entre les juifs ultra-orthodoxes, qui respectent scrupuleusement les règles religieuses, et la compagnie aérienne israélienne El Al s'étaient tendues ces dix derniers jours. Ces tensions sont nées d'un vol entre New-York et Tel Aviv le jeudi 15 novembre et ont débouché sur un avion détourné, des menaces de plainte, et de boycott.

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De notre correspondant à Jérusalem,

Le jeudi 15 novembre, la météo était très mauvaise sur la côte Est des Etats-Unis, plusieurs centaines de vols ont dû être retardés ou annulés. Ce fut le cas de deux vols de la compagnie aérienne israélienne El Al à bord desquels se trouvaient des passagers ultra-orthodoxes. Le problème, pour eux, c'est que ce retard de plusieurs heures, conjugué au décalage horaire, allait les faire atterrir après le début du shabbat, le repos hebdomadaire dans la religion juive; qui commence le vendredi au coucher du soleil.

Or, pendant le shabbat, les juifs pratiquants ne se déplacent qu'à pied, vélo ou tout moyen n'utilisant pas d'outils électriques. L'avion est donc exclu et habituellement El Al ne vole pas pendant le shabbat. Mais malgré le retard, la compagnie aérienne a fait décoller ces deux avions de New York. L'un d'entre eux a pu faire route jusqu'à Tel Aviv car l'état de santé d'une des femmes à bord le nécessitait et cela n'a pas entraîné de mécontentement des passagers religieux. Mais à bord de l'autre appareil, les ultra-orthodoxes étaient en colère.

Les passagers « pris en otage »

Pourtant, le vol a finalement été détourné avant le coucher de soleil vendredi soir vers Athènes et les passagers religieux ont pu passer le shabbat en Grèce avant de reprendre un avion vers Tel Aviv samedi soir, à la fin de ce repos hebdomadaire.

Ce qui a causé la colère des passagers ultra-orthodoxes, c'est que certains d'entre eux avaient demandé à être débarqués avant le décollage, se rendant compte qu'ils ne seraient pas à Tel Aviv avant le début du shabbat. Mais ce débarquement leur a été refusé par le capitaine. Les passagers ultra-orthodoxes se sont dits « pris en otage » et leur attitude à bord de l'avion a été vivement critiquée. De premiers témoignages ont fait état d'actes de violence à l'égard du personnel naviguant, de menaces d'entrer dans le cockpit, ce qui aurait poussé le pilote à détourner l'avion vers Athènes. El Al avait même évoqué de possibles plaintes contre ces passagers alors que d'autres témoignages démentaient ces comportements violents.

La compagnie rétropédale

Finalement, la compagnie a choisi de faire profil bas sous la menace d'un boycott de la part des ultra-orthodoxes. Dimanche, un influent rabbin ultra-orthodoxe qui se trouvait à bord du vol a découpé sa carte de fidélité de la compagnie et a décrété qu'il appellerait sa communauté à ne plus voler à bord d'El Al tant qu'elle n'aura pas présenté ses excuses. Shalom Ber Sorotzkin dénonçait une «insulte» et accusait la compagnie d'avoir exploité un incident dont elle était responsable.

Les ultra-orthodoxes représentent 10% de la population israélienne et finalement, El Al a fait machine arrière. Elle a assuré ce lundi qu'elle n'avait jamais imputé la responsabilité de ces événements aux passagers religieux et elle a offert un billet gratuit vers une destination européenne à l'ensemble des 400 passagers qui se trouvaient à bord du vol New-York/Tel Aviv. Une réponse qui a satisfait le rabbin Ber Sorotzkin qui a été vu juste après en train d'embarquer à bord d'un avion de la compagnie.

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