France / Israël

Prix des droits de l’homme: deux ONG israélienne et palestinienne récompensées

Le travail de Al-Haq et B'Tselem est compliqué par la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël.
Le travail de Al-Haq et B'Tselem est compliqué par la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. wikipedia

A l'occasion du 70e anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le Prix des droits de l'homme de la République française a été décerné ce lundi 10 décembre à Paris. Il a récompensé conjointement les organisations israélienne B'Tselem et palestinienne Al-Haq.

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Ce n'est pas la première fois que les Palestiniens d'Al-Haq et les Israéliens de B'Tselem sont récompensés conjointement. Les deux ONG travaillent sur le terrain pour documenter les violations des droits de l'homme, sur fond d'occupation israélienne. « Nous ressentons de la fierté. Nous nous battons ensemble pour des valeurs et des principes communs. C'est ainsi que l'on pourra faire la paix. Si l'on respecte les droits de l'homme, si l'on se bat pour l'Etat de droit, pour le droit international », a réagi le Palestinien Shawan Jabarin, directeur d'Al-Haq.

Les lauréats du prix ont été sélectionnés par la Commission nationale consultative des droits de l'homme au nom de la France. Cela a provoqué la colère du gouvernement israélien qui a demandé aux autorités françaises de revenir sur leur décision. L'Etat hébreu reproche à Al-Haq de promouvoir le boycott d'Israël et il accuse les membres de B'Tselem de vouloir nuire à leur propre pays.

« La propagande incessante du gouvernement israélien et ses tentatives de nous réduire au silence ou de nous salir sont là pour essayer de cacher aux yeux du monde la réalité factuelle d'une occupation injuste et indéfendable », rétorque le directeur exécutif de l'ONG israélienne Hagai El-Ad.

Mécontentement exprimé par le gouvernement israélien mais aussi par le Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF) qui a adressé à la ministre de la Justice un courrier que RFI a pu consulter. A l’arrivée, la remise du prix a bien eu lieu dans les salons du ministère de la Justice mais en l’absence de la garde des Sceaux Nicole Belloubet. Aucun membre du gouvernement français n’était donc présent et c’est un diplomate, l’ambassadeur français pour les Droits de l’homme François Croquette, qui a remix le prix à B’Tselem et Al Haq.

Les deux organisations travaillent dans un contexte de plus en plus difficile, où la référence au droit international est remise en cause par des décisions telles que la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Le Prix des droits de l'homme de la République française récompense chaque année des individus ou des organisations engagés pour la défense des droits humains dans le monde. Un avocat chinois dont le nom n'a pas été divulgué et l'ONG africaine Tournons la page figurent également parmi les lauréats 2018.

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