Syrie

Syrie: craintes à Idleb après la conquête de la province par les jihadistes

Un combattant du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, affilié à al-Qaïda, monte la garde à l'arrivée d'un convoi de déplacés, dans les villages de Foua et Kefraya, près d'Idleb, le 18 juillet 2018.
Un combattant du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, affilié à al-Qaïda, monte la garde à l'arrivée d'un convoi de déplacés, dans les villages de Foua et Kefraya, près d'Idleb, le 18 juillet 2018. OMAR HAJ KADOUR / AFP

Inquiétudes dans la province d’Idleb, passée sous le contrôle du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, ex-branche d’al-Qaïda en Syrie. Après plusieurs jours de combats, les rebelles qui contrôlaient en partie cette région du nord-ouest syrien ont plié face aux jihadistes.

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Les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), qui ont récemment enchainé les gains territoriaux à l'intérieur de cette province du nord-ouest de la Syrie en guerre, ont conclu un accord de trêve avec des factions rebelles, regroupées au sein du Front national de libération (FNL), une coalition appuyée par les Turcs.

Voisine de la Turquie, la province d'Idleb ainsi que des parties des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié échappent toujours au contrôle du régime syrien de Bachar al-Assad. Ces zones ont fait l'objet, en septembre, d'un accord entre Ankara, soutien des rebelles, et Moscou, parrain du régime, qui a permis d'empêcher jusque-là une offensive de Damas et de son allié russe.

Mais avec ce recul des rebelles et la conquête jihadiste, la population craint désormais une éventuelle offensive du régime de Damas et de ses alliés contre leur province, explique le militant de l’opposition syrienne Fadi al-Maari.

« Malheureusement la situation est très instable et les gens ici redoutent le pire. Les groupes rebelles en présence sur le terrain tentent de résister, de se réorganiser, de remobiliser leurs troupes pour faire face à la menace jihadiste. Mais malheureusement rien ne semble pouvoir barrer la route aux jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham. »

« Et cette conquête jihadiste est synonyme de catastrophe », estime Fadi al-Maari. « Cela signifie que la province d’Idleb est passée sous la bannière terroriste. Qu’est-ce qui empêche maintenant le régime de Bachar al-Assad, les Russes ou même la coalition internationale de nous bombarder ? Au final ce sont les civils qui vont payer un lourd tribut. »

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