France / Egypte

Emmanuel Macron reçu par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi serre la main d'Emmanuel Macron lors de leur rencontre au Caire le 28 janvier 2019.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi serre la main d'Emmanuel Macron lors de leur rencontre au Caire le 28 janvier 2019. Ludovic MARIN / AFP

Emmanuel Macron poursuit sa visite en Egypte. L'économie et les contrats commerciaux figurent en bonne place des échanges entre Abdel Fattah al-Sissi et le président français, reçu au palais présidentiel au Caire ce lundi 28 janvier. La délégation française comprend une cinquantaine de patrons. Une trentaine d'accords devraient être signés pour « quelques centaines de millions d'euros », selon la présidence française. Emmanuel Macron a également évoqué l'épineuse question des droits de l'homme.

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Vingt et un coups de canon ont été tirés à l’arrivée d’Emmanuel Macron dans la cour du palais présidentiel au Caire, rapporte notre envoyée spéciale, Valérie Gas. Un accueil protocolaire pour cette visite officielle du président français en Egypte qui s’est poursuivi par un passage en revue des troupes de la Garde républicaine en grand uniforme. Abdel Fattah al-Sissi et Emmanuel Macron ont marché côte à côte sur le tapis rouge tendu pour l’occasion. Le président français, très solennel, le pas lent, le visage concentré, sur une musique jouée par la fanfare militaire.

Puis, les deux présidents ont salué la délégation française. Abdel Fattah al-Sissi et Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères français, ont échangé une accolade chaleureuse. M. Le Drian a eu l'occasion de rencontrer le président égyptien à plusieurs reprises, désormais en tant que chef de la diplomatie française et précédemment de ministre de la Défense.

Une première rencontre avant la signature de contrats

L’entretien en tête-à-tête entre Emmanuel Macron et le président Sissi est la première étape de leurs échanges. De nombreux sujets étaient au menu de leur discussion avant une cérémonie de signature d'accords, de protocoles et contrats : une trentaine au total pourraient être signés pour plus d'un milliard d'euros.

Les questions régionales, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, l’économie – l’Egypte représente un marché de 100 millions d’habitants – et la question des droits de l’homme sont au programme. Emmanuel Macron a en effet dénoncé dimanche 27 janvier leur dégradation en Egypte depuis 2017 - il a reçu le président Sissi à l'Elysée en octobre 2017- et l’emprisonnement de journalistes, de femmes, d’homosexuels qui ne menacent pas le régime.

Les droits de l'homme sur la table

Emmanuel Macron avait annoncé qu'il n'y aurait pas de langue de bois au sujet des droits de l'homme et devant son homologue égyptien, le président français a en effet évoqué cette question publiquement, il a aussi annoncé qu’il allait rencontrer sur place des représentants de la société civile et des ONG. « La véritable stabilité passe par la vitalité de la société », a dit Emmanuel Macron. « La stabilité et la paix durable vont de pair avec le respect des libertés de chacun et d'un Etat de droit », a-t-il ajouté. Concernant les ventes d'armes françaises à l'Egypte, « il est très clair que pour nous l'utilisation de ces blindés est une utilisation qui doit être exclusivement militaire et c'est clair entre nous», a poursuivi Emmanuel Macron. Le président français a souligné que sur 200 interventions, seul un blindé a été utilisé hors de ce cadre, en 2013. Et cela a donné lieu à une explication avec les autorités égyptiennes.

Abdel Fattah al-Sissi avait été prévenu de cette volonté d’Emmanuel Macron de mettre le sujet des droits de l’homme sur la table et la riposte était prête. Le président égyptien a lancé à un journaliste français qui l’interrogeait sur les droits de l’homme : « vous devez nous regarder avec nos yeux égyptiens ». Il a évoqué le terrorisme, la difficulté à donner des emplois au million d’étudiants qui arrivent sur le marché du travail chaque année comme autant d’arguments pour justifier sa politique.

Un journaliste égyptien a de son côté interrogé Emmanuel Macron sur les violences en France contre les « gilets jaunes », comme un retour à l’envoyeur. Emmanuel Macron a alors rétorqué qu’il ne fallait pas tout mélanger. Pour rappeler qu’en matière de respect de droits de l’homme, la France et l’Egypte n’avaiten rien de comparable.

►à (re)lire : Emmanuel Macron en Egypte, attendu sur la question des droits de l’homme

 

 

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