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Les Palestiniens ne veulent plus de l'aide américaine

«Nous ne voulons pas recevoir d'argent si cela doit nous emmener devant des tribunaux», explique Saëb Erakat, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (photo d'archives).
«Nous ne voulons pas recevoir d'argent si cela doit nous emmener devant des tribunaux», explique Saëb Erakat, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (photo d'archives). REUTERS/Mohamad Torokman

L'Acte de clarification de l'anti-terrorisme entre en vigueur ce vendredi 1er février aux Etats-Unis. Ce texte, adopté par le Congrès l’an dernier, permet à des Américains de porter plainte contre des organisations qui bénéficient de l'aide des Etats-Unis. Cette loi visait spécifiquement celles représentant les Palestiniens, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires aux Etats-Unis pour les victimes américaines d’attentats commis par des Palestiniens. En réponse, les Palestiniens ont décidé de renoncer à toute aide américaine, ce qui embarrasse les autorités israéliennes et l'administration Trump.

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De notre correspondant à Jérusalem,

Depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Donald Trump, les relations entre les Etats-Unis et les dirigeants palestiniens n'ont cessé de se dégrader. Les contacts sont gelés et l'administration américaine a coupé environ 500 millions de dollars d'aide aux Palestiniens. Mais désormais, avec l’entrée en vigueur de l’Acte de clarification de l’anti-terrorisme ce vendredi 1er février, ce sont les dirigeants palestiniens qui réclament l'arrêt de tout soutien financier.

Cette demande concerne aussi le soutien aux forces de sécurité palestiniennes qui avait été jusqu'ici épargnées par l’administration Trump. « Nous ne voulons pas recevoir d'argent si cela doit nous emmener devant des tribunaux », explique Saëb Erakat, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine. « Mais nous continuerons à lutter contre le terrorisme dans la région », assure-t-il.

Les Etats-Unis versaient environ 60 millions de dollars par an pour la formation et l'équipement des forces palestiniennes. Le pays coordonnait aussi la coopération sécuritaire entre Palestiniens et Israéliens, un échange de renseignement et une coordination pour mener les arrestations que l’Organisation de libération de la Palestine a dit vouloir cesser. Et l’arrêt de cette aide pourrait fragiliser un peu plus cette coopération précieuse à Israël.

Les responsables israéliens se disent sereins

Officiellement, les responsables israéliens se disent sereins. « Avec les Palestiniens, j'ai appris à croire en leurs actes plus qu’en leurs paroles », dit Dany Danon, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU et cadre du Likoud, le parti du Premier ministre Benyamin Netanyahu. « Je pense que lorsque vous leur parlez en privé, ils reconnaissent que cette coopération est importante pour leur propre sécurité », estime-t-il.

Mais les conséquences de l'Acte de clarification de l'anti-terrorisme inquiètent néanmoins les dirigeants israéliens : une délégation s'est rendue à Washington la semaine dernière pour étudier les modifications possibles à apporter au texte. Et l'administration américaine envisage des ajustements. Un responsable du département d'Etat à Washington dit à RFI « continuer à travailler sur l'impact potentiel » de cette loi.

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