Moyen-Orient / Etats-Unis

Varsovie: Mike Pence appelle les Européens à rejoindre l'alliance contre l'Iran

Conférence de Varsovie sur la sécurité au Moyen-Orient: Mike Pence, vice-président américain, aux côtés du Premier ministre israélien Benaymin Netanyahu, le 14 février 2019.
Conférence de Varsovie sur la sécurité au Moyen-Orient: Mike Pence, vice-président américain, aux côtés du Premier ministre israélien Benaymin Netanyahu, le 14 février 2019. REUTERS/Kacper Pempel

La conférence organisée par les Etats-Unis et la Pologne sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient se poursuit à Varsovie. Washington ne s’en cache pas, le principal sujet de cette rencontre, c’est bien la menace iranienne et la façon d’intensifier la pression sur Téhéran, considéré par l’administration Trump comme le principal facteur de déstabilisation de la région. Lors de sa prise de parole, le vice-président américain, Mike Pence a enfoncé le clou.

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Mike Pence a pris la parole devant une soixantaine de dirigeants étrangers. Le vice-président américain a d’une part fustigé le régime iranien. D’autre part, il a lancé un appel aux Européens, rapporte notre envoyée spéciale, Oriane Verdier.

Le discours de Mike Pence a duré plus d’une vingtaine de minutes. Les Etats-Unis de Donald Trump étaient au cœur de cette prise de parole, présentés comme un modèle du bien et du juste à suivre. Le vice-président américain a directement accusé l’Europe d’aller à l’encontre de la stratégie de Washington, en refusant de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien et en tentant de contourner les sanctions américaines sur l’Iran.

Mais il n’est pas trop tard pour l’Europe pour rejoindre l’alliance que Mike Pence affirme être en train de construire au nom de Donald Trump, avec la soixantaine de pays représentés aujourd’hui à Varsovie. Il a énuméré les victoires de la politique militaire de Donald Trump au Moyen-Orient et condamné la politique de paix à tout prix de l’ancienne administration Obama, qui n’aurait fait que laisser la place à l’extrémisme et au terrorisme au Moyen-Orient.

Enfin, Mike Pence a repris, point par point, les différentes crises humanitaires au Moyen-Orient, le Yémen, l’Irak, la Syrie. Pour chacune d’elles, il a pointé directement du doigt l’unique responsabilité de l’Iran et de ses milices chiites, un argument de plus pour appeler à l’unité contre la République islamique.

Parmi les dossiers chauds du Moyen-Orient, le Yémen

Les travaux de la conférence ont débuté jeudi 14 février au matin par une discussion sur le conflit yéménite, menée par le ministre des Affaires étrangères yéménite. Autour de lui étaient représentés les membres de la coalition qui soutient son gouvernement face aux rebelles houthis, notamment l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis.

Une voix dissidente, tout de même, celle du ministre des Affaires étrangères britannique, Jeremy Hunt. Ce dernier avait annoncé que la situation humanitaire au Yémen était la seule raison de sa venue à Varsovie. Mais sur ce sujet-là, comme sur d’autres, il est difficile d’imaginer de réelles avancées vers des négociations de paix, par exemple, comme le souhaiteraient le Royaume-Uni et l’ONU.

Benyamin Netanyahu salue un «front commun» contre la menace iranienne

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu assistait ce jeudi matin à la session plénière de la conférence de Varsovie sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu assistait ce jeudi matin à la session plénière de la conférence de Varsovie sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient. Agencja Gazeta/Slawomir Kaminski via REUTERS

Les rebelles yéménites houthis sont soutenus par l’Iran. Or, le secrétaire d’Etat américain et le Premier ministre israélien ont appelé ce matin, côte à côte, à « affronter » la République islamique. Seule manière, selon eux, d’atteindre la paix au Moyen-Orient. « Dans une pièce remplie d’une soixantaine de ministres des Affaires étrangères et de représentants de dizaines de gouvernements, un Premier ministre israélien et les ministres des Affaires étrangères des principaux pays arabes ont fait front commun pour parler avec une force, une clarté et une unité inhabituelle contre la menace commune du régime iranien. Je pense que cela marque un changement et un accord important sur ce qui menace notre futur et ce que nous devons faire pour le sécuriser ainsi que sur les possibilités de coopération au-delà du domaine sécuritaire avec les peuples du Moyen-Orient. Cela se passe aujourd’hui ici, à Varsovie et ma principale conclusion est que cela doit continuer sous d’autres formes et par d’autres moyens avec le même but. Et je vous remercie, secrétaire d’Etat Pompeo, d’organiser cela. »

La Russie, elle, a refusé de participer à cette conférence. L’autorité palestinienne n’a pas non plus envoyé de représentant. Elle considère l’événement comme une conspiration israélo-américaine qui a pour but d’éliminer la cause palestinienne.

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