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Israël/Visegrad

Un sommet du groupe de Visegrad en Israël sans la Pologne

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, à la Conférence sur la sécurité de Munich, le 17 février 2018.
Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, à la Conférence sur la sécurité de Munich, le 17 février 2018. REUTERS/Michaela Rehle
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Le groupe de Visegrad, groupe informel réunissant la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque se réunit ce lundi 18 février pour la première fois à Jérusalem. Mais le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a annulé sa participation après des propos attribués par des médias israéliens à Benyamin Netanyahu sur le rôle des Polonais dans la Shoah.

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Avec notre correspondant à Jérusalem,  Christian Brunel

Pour Benyamin Netanyahu, l’événement marque une victoire diplomatique face à l’Union européenne, qu’il a accusée il y a quelques mois « d’hypocrisie et d’hostilité envers Israël. »

Ce message va être réaffirmé afin de permettre de cimenter une alliance avec des partenaires d’Europe de l’Est, eux aussi très critiques envers Bruxelles. Le Premier ministre reproche à l’Union européenne de mener une politique qu’il juge partiale notamment vis-à-vis de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

L’autre pomme de discorde porte sur les tentatives de pays européens de mettre en place un mécanisme pour continuer à commercer avec l’Iran, l’ennemi numéro d’Israël, en contournant les sanctions américaines réimposées par Donald Trump contre Téhéran.

Cette rencontre du groupe de Visegrad sert aussi à Benyamin Netanyahu à se présenter comme un diplomate hors pair, capable de nouer des alliances internationales à l’approche des élections israéliennes du 9 avril.

Varsovie annule sa participation

Mais un sérieux couac est survenu. Le Premier ministre polonais a annulé sa participation à la suite des déclarations la semaine dernière de Benyamin Netanyahu, qui a accusé les Polonais de complicité avec les nazis dans la Shoah.

Un temps annoncé pour le remplacer, le ministre des Affaires étrangères ne fera finalement pas le déplacement.

[Analyse] Emmanuel Navon, directeur du département de sciences politiques au collège universitaire orthodoxe de Jérusalem


►Sujet sensible à Varsovie

Avec notre correspondant à Varsovie,  Damien Simonart

Mateusz Morawiecki a annoncé par téléphone à Benyamin Netanyahu que la Pologne sera représentée par son ministre des Affaires étrangères. La conversation entre les deux chefs de gouvernement a eu lieu à la demande d'Israël. Depuis vendredi, Jérusalem fait tout pour éteindre la polémique suite à la publication de citations erronées de Benyamin Netanyahu, qui parle de la responsabilité des Polonais dans la Shoah. Le cabinet du Premier ministre israélien assure que ce dernier n'a jamais évoqué les Polonais en général, mais des cas particuliers.

Des explications entendues par les autorités polonaises. Reste que le sujet est très sensible à Varsovie. Il y a un an, le gouvernement conservateur avait fait voter une loi pour punir de prison quiconque attribuerait à la nation polonaise une responsabilité dans l'Holocauste. Le texte avait finalement été amendé l'été dernier face au tollé international, notamment en Israël.

La crise avait abouti à une déclaration commune des deux pays dans laquelle il est écrit que la Pologne ne répond pas des crimes commis par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, Varsovie et Jérusalem ont réaffirmé leur attachement à cette déclaration. Mais ce nouvel épisode rappelle à quel point ce sujet reste à fleur de peau.

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