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Israël

Israël: les deux principaux adversaires de Netanyahu font alliance

L'ancien chef d'état-major israélien Benny Gantz à une conférence à Tel-Aviv, le 28 juillet 2014.
L'ancien chef d'état-major israélien Benny Gantz à une conférence à Tel-Aviv, le 28 juillet 2014. REUTERS/Nir Elias/File Photo
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L’ancien chef d’état-major israélien Benny Gantz et le centriste Yair Lapid se sont accordés ce jeudi 21 février pour former une liste commune aux législatives anticipées du 9 avril. Ils proposent de se partager le poste de Premier ministre.

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Avec notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Depuis le début de la campagne, Benny Gantz et Yair Lapid appelaient à une union de leurs listes. Selon les sondages, les deux hommes seraient les principaux adversaires de Benyamin Netanyahu.

Leur union devait permettre d’allier leurs expériences militaires et politiques : Benny Gantz est un ancien chef d’état-major tandis que Yair Lapid a été ministre des Finances dans le gouvernement Netanyahu III. Mais les négociations entre les deux formations ont été longues. L'un des principaux points d'achoppement était le nom du futur Premier ministre.

Un Premier ministre tournant

Alors que la date limite pour le dépôt des listes approchait, les discussions ont repris et duré jusque tard dans la nuit. L’union a finalement été scellée aux premières heures de jeudi. Les deux hommes ont décidé de se partager le pouvoir : en cas de victoire, Benny Gantz sera chef du gouvernement pendant deux ans et demi et devrait ensuite céder la place à Yair Lapid.

Leur alliance deviendra, disent-ils, « le nouveau parti au pouvoir ». Elle associera d'anciens responsables de l'appareil sécuritaire et des acteurs de la société civile « pour assurer la sécurité d'Israël, rétablir les liens au sein du peuple et réduire la fracture dans la société israélienne », déclarent les deux dirigeants dans un communiqué commun.

Cette nouvelle coalition, baptisée Bleu et blanc, les couleurs du drapeau israélien, pourrait devancer le Likud de Benyamin Netanyahu le 9 avril prochain. Cette liste centriste serait alors la première force de la Knesset. Mais pour devenir force de gouvernement, il lui faudrait arriver à grignoter encore l'électorat de droite pour pouvoir former une coalition majoritaire. Pour cela, le duo compte sur le nouveau soutien d'un autre ancien chef d'état-major : Gabi Ashkénazi. Sa fermeté sur les questions sécuritaires et ses origines orientales pourraient faire basculer certains électeurs.

La campagne décomplexée de Netanyahu

L’alliance de Benny Gantz et Yair Lapid se pose en alternative d’un chef de gouvernement qui mène une campagne de plus en plus décomplexée. Visé par trois enquêtes pour corruption, menacé d’une possible mise en examen et de plus en plus ouvertement défié au sein même de son camp, Benyamin Netanyahu veut assurer sa survie politique à droite, y compris en obtenant le soutien des partis les plus extrêmes.

Le Premier ministre sortant, au pouvoir depuis dix ans, a ainsi pesé de tout son poids pour parvenir à une fusion des listes du Foyer Juif, parti nationaliste religieux actuellement dans sa coalition, avec Otzma Yehudit (« Puissance juive »). Ouvertement raciste, ce parti se revendique du kahanisme, une idéologie développée par le rabbin Meir Kahane qui avait été exclu de la Knesset en 1988 au terme d'un mandat et dont le mouvement – Kach – a été interdit.

Le kahanisme a inspiré des actes meurtriers, rappelle Perle Nicolle, chercheuse à l'université hébraïque de Jérusalem qui travaille sur les mouvements radicaux en Israël : l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995 et l'assassinat de 29 Palestiniens dans une mosquée d'Hébron par Bachur Goldstein, un an plus tôt. « L'idée du kahanisme est associée à des actes d'extrême violence », insiste Perle Nicolle.

Kach, un mouvement qui en inspire d'autres

Opposition à un Etat palestinien, annexion de la Cisjordanie, renforcement de l'éducation juive aux dépens d'une éducation pluraliste dans les écoles, transfert de la population palestinienne et des arabes d'Israël : si le mouvement Kach demeure interdit en Israël, son programme radical inspire d'autres formations, relève encore la chercheuse Perle Nicolle.

Le parti Otzma Yehudit s'inscrit dans cette idéologie. En œuvrant pour son union avec Le Foyer juif, Benyamin Netanyahu veut s'assurer que son partenaire de coalition sera représenté dans la prochaine Knesset. Mais en cas de victoire, il pourrait se retrouver à devoir composer avec le parti le plus extrémiste du pays.

►A écouter : ORIENT HEBDO - Benyamin Netanyahu marque-t-il la fin du rêve sioniste ?

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