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Jordanie

Jordanie: le roi Abdallah II en état de grâce après ses positions contre Israël

Le roi Abdallah II de Jordanie à son arrivée devant le Parlement le 14 octobre 2018.
Le roi Abdallah II de Jordanie à son arrivée devant le Parlement le 14 octobre 2018. KHALIL MAZRAAWI / AFP
Texte par : Jérôme Boruszewski
4 mn

Depuis quelques semaines en Jordanie, le roi Abdallah fait l’objet de manifestations de soutien très prononcé. Un peu partout dans le pays, les citoyens descendent dans les rues pour dire au monarque qu’ils approuvent sa politique sur la question palestinienne.

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De notre correspondant à Amman,

Ces manifestations sont très nombreuses, comme mercredi 17 avril dans le nord et le centre du pays, vendredi dernier à Amman, ou début avril à Aqaba, à l’extrême sud de la Jordanie. En banlieue de la capitale, des milliers d’étudiants se sont également mobilisés à Irbid, la deuxième ville du pays.

Souvent, ces manifestants brandissent des portraits du roi Abdallah de Jordanie et de son fils avec un slogan qui revient régulièrement : « Nous sommes avec vous. » Ils louent sa politique « intangible » et ses « positions modérées », disent-ils, sur la question palestinienne.

Annulation de la visite en Roumanie

Ces manifestants apprécient notamment sa fermeté dans la gestion des tensions autour de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem. La Jordanie s’est opposée en effet à la fermeture des locaux de la porte de la Miséricorde décidée par la justice israélienne en février.

À cette occasion, la Jordanie a rappelé que c’était elle qui administrait les lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem et que la décision de la justice israélienne était donc illégale. Cette position a ravi une grande partie de la population jordanienne, dont la moitié environ est d’origine palestinienne.

Cette population a le sentiment qu’Israël et les États-Unis mènent des politiques très opposées au peuple palestinien et que Washington prépare sans doute un plan de paix qui ne sera pas favorable aux Palestiniens. Elle est donc soulagée de voir le monarque oser défendre le peuple palestinien.

La presse jordanienne est aussi sous le charme et parle du roi de manière très positive. Elle le montre régulièrement avec des membres de gouvernements étrangers en train de discuter de la question palestinienne et ouvre ses colonnes à des dignitaires chrétiens qui soutiennent le monarque. Elle a largement relayé l’annulation du voyage officiel du roi Abdallah en Roumanie, fin mars.

La veille de son voyage prévu, la Première ministre roumaine avait indiqué qu’elle souhaitait déménager l’ambassade de son pays en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Or, la Jordanie est farouchement opposée à la reconnaissance de la Ville sainte comme capitale de l’État hébreu. En annulant ce voyage à la dernière minute, le monarque a montré sa fermeté.

« Mon peuple est avec moi »

Le roi avait justement besoin de tous ces soutiens, car il avait été assez critiqué l’an dernier lorsque des dizaines de milliers de Jordaniens avaient protesté contre la vie chère. Un vaste mouvement de contestation sociale avait emporté en effet le gouvernement il y a presque un an. Les critiques des protestataires étaient avant tout dirigées contre la politique fiscale du Premier ministre d’alors.

Mais elles avaient aussi ciblé le roi. On lui avait reproché de ne pas s’être immédiatement placé du côté de ceux qui souffraient des hausses répétées des impôts. Aujourd’hui, il est donc en train de redorer - il en avait besoin - son image aux yeux de ses sujets. « Jérusalem est une ligne rouge et tout mon peuple est avec moi », s’est-il écrié fin mars. Il est à nouveau un ciment incontesté de la nation jordanienne.

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