Syrie

Victimes civiles à Idleb et Hama: l'impuissance de l'ONU sur le dossier syrien

Des enfants déplacés syriens à Atmeh, province d'Idleb, le 15 mai 2019.
Des enfants déplacés syriens à Atmeh, province d'Idleb, le 15 mai 2019. REUTERS/Khalil Ashawi

La Syrie était de nouveau au programme du Conseil de sécurité de l’ONU vendredi 17 mai 2019. Pour les responsables onusiens et les pays occidentaux, les civils sont grandement menacés dans les provinces d'Idleb et Hama, où le gouvernement syrien affronte des groupes terroristes. Mais le régime de Damas et son allié russe démentent être responsables des nombreux morts et destructions.

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Avec notre correspondant à New York,  Grégoire Pourtier

Une semaine après une réunion à huis clos durant laquelle 11 des 15 membres s’étaient désolidarisés d’une déclaration alarmante concernant la situation dans les provinces d'Idleb et Hama, la fracture ne s’est pas résorbée.

Mark Lowcock, chef de l’humanitaire à l’ONU, a dressé un tableau effrayant. Au nord-ouest de la Syrie, 3 millions de personnes vivent dans la zone dite de désescalade, mais où le conflit est en fait de plus en plus violent.

On y recense 180 000 nouveaux déplacés ces trois dernières semaines. « Si beaucoup ont rejoint des camps, plus de 80 000 personnes n’ont eu nulle part où aller, s’installant dans des zones vides ou se réfugiant dans les bosquets. »

Les infrastructures vitales sont aussi touchées, ajoute Mark Lowcock : « Depuis le 28 avril, au moins 18 établissements de santé ont été endommagés ou détruits par des frappes aériennes, des bombardements et autres combats. »

Des dizaines d’écoles, parfois détruites, ont aussi fermé. Mark Lowcock se demande qui est responsable et Karen Pierce, ambassadrice britannique, lui répond :

« Puisque nous savons que la Russie et la Syrie sont les seuls à avoir des avions survolant la région, la réponse aux questions de M. Lowcock est-elle que ce sont les forces aériennes russes et syriennes qui bombardent ? »

L’ambassadeur syrien Bachar al-Jaafari rétorque qu’il est du devoir de son pays de lutter contre les groupes terroristes :

« Il n’y a pas d’attaque au hasard sur des civils à Idleb. Il y a des opérations militaires conduites par les forces armées syriennes et leurs alliés contre des groupes désignés comme terroristes par le Conseil de sécurité. »

L’échange est tendu, et s’achève sur un sentiment d’impuissance du Conseil de sécurité.

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