Syrie / ONU

Syrie: tractations à l’ONU pour une solution commune à Idleb

Des enfants déplacés syriens à Atmeh, dans la province d'Idleb, le 15 mai 2019.
Des enfants déplacés syriens à Atmeh, dans la province d'Idleb, le 15 mai 2019. REUTERS/Khalil Ashawi
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Il a beaucoup été question de la Syrie ces deux derniers jours à l’ONU pour trouver une solution à la crise dans la province d’Idleb. Devant la presse, des diplomates américains ou russes ont voulu croire à un possible apaisement, mais rien ne semble encore l’indiquer dans les faits.

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Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

James Jeffrey, envoyé spécial américain pour la Syrie était à l’ONU cette semaine, et il a affiché un certain optimisme. Il veut même faire confiance à Moscou : les Russes, alliés du régime de Damas, auraient assuré qu’ils ne permettraient pas un assaut de grande ampleur dans la province d’Idleb.

L’armée syrienne y a en effet entrepris une grande offensive pour récupérer un territoire largement contrôlé par des groupes jihadistes, mais plus de trois millions de civils sont comme prisonniers dans la zone, et privés d’aide humanitaire depuis plusieurs semaines.

Des concessions pour les deux camps

Des dizaines de centres de santé et d’école ont pourtant déjà été détruits, et aucun cessez-le-feu n’y est respecté. James Jeffrey semble aussi espérer de prochaines avancées politiques, un processus « étape par étape » qui serait discuté entre Américains et Russes depuis quinze jours. « Cela nécessitera des décisions difficiles pour tout le monde », prévient-il cependant.

Les concessions de chaque camp ont été minimes depuis huit ans que dure le conflit, mais les États-Unis ne demandent plus expressément le départ du dirigeant syrien Bachar el-Assad ; quant aux Russes, leur vice-ministre des Affaires étrangères parle désormais de trouver « une vision commune ». Lui aussi présent à l’ONU, Sergueï Verchinin assure que son pays serait prêt à se coordonner avec les États-Unis pour aboutir à une solution politique crédible. Poudre aux yeux ? Les Nations unies veulent en tout cas donner une chance à ce dialogue russo-américain. Mais dans l’immédiat, à Idleb, la réalité du terrain est bien loin des beaux discours diplomatiques.

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