Iran

L'Iran libère un homme d'affaires libanais, résident aux États-Unis

Un avion de la compagnie libanaise Middle East Airlines. L'homme d'affaires libanais a été libéré en Iran et est reparti à Beyrouth avec le patron de la Sûreté.
Un avion de la compagnie libanaise Middle East Airlines. L'homme d'affaires libanais a été libéré en Iran et est reparti à Beyrouth avec le patron de la Sûreté. KARIM JAAFAR / AFP

Ce mardi 11 juin, la justice iranienne a approuvé la libération conditionnelle d'un Libanais condamné à dix ans de prison en 2016 pour « espionnage » au profit des Etats-Unis, a rapporté l'agence de presse de l'Autorité judiciaire iranienne.

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« La cour concernée a approuvé la libération conditionnelle de Nizar Zakka et il sera remis aux autorités libanaises », a indiqué l'agence Mizan Online, citant le porte-parole de l'Autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli. « Selon la loi, ceux qui sont condamnés à une peine allant jusqu'à dix ans de prison, s'ils purgent au moins un tiers de leur peine et s'ils font preuve de bonne conduite », peuvent être libérés sous conditions, a-t-il précisé.

D'après M. Esmaïli, le président libanais Michel Aoun a demandé « par écrit » à ce que soit facilitée la libération de Nikar Zakka et le mouvement chiite libanais Hezbollah, proche de l'Iran, a considéré la décision relative à sa libération comme « opportune ». « Il s'agit d'une procédure totalement judiciaire, et aucune question politique n'est entrée en jeu », a affirmé le porte-parole de l'Autorité judiciaire, selon l'agence de presse Tasnim.

Nizar Zakka, qui est accompagné par le patron de la Sûreté générale libanaise Abbas Ibrahim, est attendu ce mardi soir à Beyrouth, indique notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. À son arrivée, il se rendra directement au palais présidentiel pour rencontrer le chef de l’État Michel Aoun, qui a œuvré à sa libération.

« Liens profonds avec la communauté militaire »

Résidant aux Etats-Unis, M. Zakka avait été arrêté en septembre 2015 au cours d'un voyage en Iran puis condamné en juillet 2016. Il s’apprêtait à quitter le pays après avoir participé à une conférence sur le développement et l’emploi des femmes, à l’invitation de la vice-présidente pour les Affaires de la femme et de la famille de l’époque, Shahindokht Molaverdi. Nizar Zakka, la cinquantaine, présidait une ONG régionale spécialisée dans le développement des technologies de la communication. Lors de son arrestation, il avait été accusé par la télévision d'État iranienne d'entretenir des « liens profonds avec la communauté militaire et (celle) du renseignement des Etats-Unis ».

La télévision avait diffusé des photos d'un homme en tenue militaire aux côtés d’un officier de l’armée des Etats-Unis en affirmant qu'il s'agissait de M. Zakka sur une base américaine. Certains le soupçonnaient de participer à un vaste complot pour former des jeunes Iraniens à l’utilisation des réseaux sociaux lors des mouvements de contestation. Sa famille a nié en bloc ces accusations.

Fin 2017, la justice iranienne avait confirmé en appel sa condamnation à dix ans de prison, ainsi que celle d'un Américain et de deux Irano-Américains accusés de « collaboration » avec les Etats-Unis.

Pour sensibiliser l’opinion publique à son cas, Nizar Zakka a observé durant sa détention deux grèves de la faim et s’est présenté à une élection législative partielle dans le Nord du Liban, en avril dernier.

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