Accéder au contenu principal
Syrie / Réfugiés

[Reportage] Dans le camp d’al-Hol une odeur de pourriture flotte dans l’air

Pour les femmes et les enfants du camp il est impossible de retourner dans leur région d’origine: beaucoup n’ont plus de maisons, d’autres sont retenus par les forces kurdes pour des raisons de sécurité.
Pour les femmes et les enfants du camp il est impossible de retourner dans leur région d’origine: beaucoup n’ont plus de maisons, d’autres sont retenus par les forces kurdes pour des raisons de sécurité. REUTERS/Ali Hashisho

Au Kurdistan Syrien, 5 mois après la chute du califat autoproclamé de l’État islamique, des dizaines de milliers de civils - en majorité des familles de jihadistes - sont toujours parqués dans des camps de déplacés. Des prisons à ciel ouvert tenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de milices arabo-kurdes vainqueur de la bataille contre Daech. Parmi eux, le camp d’al-Hol où des milliers de femmes et d’enfants radicalisés vivent dans des conditions inhumaines.

Publicité

Avec notre envoyé spécial dans le camp d'al-Hol,  Noé Pignède

Au milieu des tentes, une marée noire de femmes en Niqab soupçonnées d'avoir appartenu de près ou de loin au groupe État islamique. Autour d’elles des enfants rachitiques, couverts de crasse. Une odeur de pourriture mêlée d’excréments flotte dans l’air brûlant, il fait près de 50 degrés.

Une jeune syrienne nous interpelle, elle est détenue ici depuis 5 mois. « Ma fille est en train de mourir et personne ne s’en occupe, dit-elle. L’eau qu’on nous fait boire ici est très sale. Même des ânes n’en boiraient pas. Parfois, on attend des jours avant qu’on nous donne à manger. Les pays étrangers ont détruit nos maisons et nous ont forcés à venir ici. Maintenant, ils doivent s’occuper de nous. Mais personne ne nous aide. J’aurais préféré rester avec Daech à Baghouz et mourir, plutôt que de venir ici. »

Dans ses bras, sa petite fille de deux ans sanglote. Elle souffre de diarrhée et de convulsions. Mais d’après sa mère, elle n’a pour l’instant reçu aucun traitement adapté.

« Ils ont dit qu’ils allaient nous aider, nous donner des médicaments, mais rien. Quand je vais au centre médical, ils me donnent de gros comprimés, ma fille a deux ans, elle ne peut pas avaler de pilules. »

Folle de rage, la jeune mère hurle sur un garde kurde : « Si vous laissez mourir ma fille, je vous jure que je me vengerai. »

Le soldat reste de marbre. Impuissant. 80 000 personnes sont aujourd'hui détenues à al-Hol, dans des conditions décrites comme inhumaines par les ONG. Les Kurdes, en charge de la gestion du camp sont débordés et disent ne recevoir pratiquement aucun soutien de la communauté internationale.

À lire aussi : Syrie: survivre dans la poudrière du camp d'al-Hol, une gageure

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.