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Arabie Saoudite

Arabie saoudite: les rebelles yéménites revendiquent une attaque de drones

De la fumée sur la raffinerie d'Abqaiq, dans l'Est de l'Arabie Saoudite, après l'attaque de drones revendiquée par les rebelles Houthis.
De la fumée sur la raffinerie d'Abqaiq, dans l'Est de l'Arabie Saoudite, après l'attaque de drones revendiquée par les rebelles Houthis. VIDEOS OBTAINED BY REUTERS/via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Une attaque de drones a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi en Arabie saoudite, visant deux installations pétrolières du géant Aramco. Une attaque revendiquée ensuite par les rebelles yéménites houthis.

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Le gouvernement saoudien affirme que les deux incendies qui s’en sont suivis ont été maîtrisés. Mais la production de pétrole sur les deux sites visés a été en revanche perturbée. Les installations ont été temporairement mises à l'arrêt, ce qui représente une suspension d'environ 50% de la production totale d'Aramco, et donc du royaume saoudien.

C’est la troisième attaque essuyée en cinq mois par le géant du pétrole Aramco. La dernière remonte au 10 août, contre une installation gazière. Affirmant avoir utilisé pas moins de dix drones, les rebelles houthis avait parlé de « l’attaque la plus massive jamais lancée en Arabie saoudite ». Ce samedi 13 septembre, ce sont les sites d’Abqaïq et Khurais qui étaient visés.

Abqaïq abrite la plus grande usine de traitement du pétrole d’Aramco, et Khurais est l'un des principaux champs pétroliers de cette entreprise publique qui prépare son entrée en bourse. Objectif pour le prince héritier Mohammed ben Salman : diversifier l’économie saoudienne très dépendante du pétrole.

Pour le chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique et spécialiste du Moyen-Orient David Rigoulet-Roze, les rebelles houthis ont avant tout voulu frapper l'Arabie saoudite là où cela fait mal. « Le calendrier ne doit rien au hasard puisque le prince Mohammed ben Salman vient de nommer son frère nouveau ministre de l'Énergie et un de ses proches à la tête de l'Aramco dans sla perspective prochaine de l'introduction en bourse des 5 % du géant pétrolier, explique l'analyste. Évidemment, ce type de ciblage, c'est aussi un message aux investisseurs étranger pour leur montrer qui'il y a une situation qui est loin d'être sécurisée dans le royaume ».

Soutien de Téhéran

Les rebelles yéménites entendent bien perturber ce programme. Leurs tirs de missiles ou leurs attaques de drones constituent une riposte aux frappes aériennes de la coalition militaire menée par Riyad depuis 2015 au Yémen, où les rebelles houthis tentent de reverser le gouvernement.

Les attaques de ce samedi s’ajoutent aux tensions grandissantes dans la région du Golfe, après des attaques et des actes de sabotages contre des pétroliers en mai et juin dernier, imputées par Washington et Riyad à Téhéran, qui soutient les rebelles houthis. Téhéran nie toute implication.

Le secrétaire d’état Mike Pompeo a même directement accusé l’Iran d’être responsable des attaques contre les installations pétrolières. « L'Iran a lancé une attaque sans précédent contre l'approvisionnement énergétique mondial », a-t-il  réagi sur Twitter. Bien que l’opération ait été revendiquée par les rebelles Houthis, pour Mike Pompeo, il n’y a « aucune preuve que cela vienne du Yémen ». Il appelle la communauté internationale à condamner ces agressions et assure que les Etats-Unis feront le nécessaire pour que Téhéran répondent des conséquences de ses actes.

Dans une conversation téléphonique avec Mohammed ben Salman, le président Donald Trump a condamné fermement des actions ne faisant « qu'aggraver les conflits et la méfiance ». Selon l'agence officielle saoudienne SPA, le prince héritier a quant à lui assuré dans ce même entretien téléphonique que son pays avait « la volonté et la capacité » de riposter. L'émissaire des Nations unies pour le Yémen s'est quant à lui dit « extrêmement inquiet » suite à ces nouvelles attaques.

Il se dit que les Saoudiens auraient même sollicité la possibilité de bénéficier du système "dôme de fer israélien", c'est dire qu'il y a un sentiment d'insécurité qui commence à poindre.

David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique et spécialiste du Moyen-Orient

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