Israël / Élections

Législatives en Israël: un duel entre Gantz et Netanyahu arbitré par Lieberman?

Ce sont des élections législatives disputées qui se tiennent ce mardi 17 septembre 2019 pour tenter de dégager une majorité parlementaire.
Ce sont des élections législatives disputées qui se tiennent ce mardi 17 septembre 2019 pour tenter de dégager une majorité parlementaire. REUTERS/Corinna Kern

Alors que les électeurs israéliens se rendent aux urnes, le Likoud de Benyamin Netanyahu est au coude-à-coude dans les sondages avec la coalition Bleu et Blanc emmenée par Benny Gantz. Ancien chef d’état-major mais nouveau venu en politique, c’est lui qui incarne les espoirs de changement pour les adversaires de l’actuel Premier ministre.

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Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Tout au long de la campagne, les sondages ont donné les deux principaux rivaux au coude-à-coude. Benyamin Netanyahu et le Likoud sont crédités d’à peu près autant de sièges que Benny Gantz et sa coalition centriste, Bleu-blanc. D’après les études d’opinion, aucun d’entre eux ne sera en mesure de constituer une coalition avec les partis de son camp politique.

Comme d’autres chefs de l’armée israélienne avant lui, Benny Gantz est passé d’une carrière militaire à un engagement politique. Avec un objectif affiché : remplacer le Premier ministre sortant. Et pour Yamit Avrahamov, une militante de Bleu-blanc, il est l’anti-Netanyahu. « Il veut transformer le pays. Il sera plus à l’écoute du peuple et saura répondre à ses problèmes de la vie quotidienne : le niveau de l’éducation en baisse, le coût de la vie. La redistribution de l’argent sera plus juste », affirme la jeune femme.

Benny Gantz, l'incarnation du changement ?

Les élections législatives israéliennes de ce mardi 17 septembre s'annoncent particulièrement serrées entre Benyamin Netanyahu et Benny Gantz.
Les élections législatives israéliennes de ce mardi 17 septembre s'annoncent particulièrement serrées entre Benyamin Netanyahu et Benny Gantz. RONEN ZVULUN, Jack GUEZ / AFP

Plutôt que de rejoindre une formation existante, Benny Gantz a choisi de créer son propre parti. Il veut incarner un vrai changement, une nouvelle ère. Et a réussi à convaincre une partie de l’électorat. Mais malgré les affaires de corruption visant Benyamin Netanyahu, l’usure de ses dix années passées au pouvoir, Benny Gantz ne se détache pas dans les sondages. Il est même largement devancé par son adversaire en termes de popularité personnelle.

Pour Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à Jérusalem, ce n’est cependant pas un handicap insurmontable. « Netanyahu reste soutenu par près de 42 % de la population. Mais je ne pense pas que ce soit important car au bout du compte, en Israël, on vote pour un parti, pas un candidat », détaille l’universitaire.

Lieberman, faiseur de roi

L’une des clés du scrutin pour Bleu-blanc sera la participation : un taux élevé augmentera ses chances de gagner. Mais l’homme qui s’est placé au milieu de la scène politique ces derniers mois et qui sera certainement le faiseur de roi de cette élection est Avigdor Lieberman. L’ancien ministre et ex-directeur de cabinet de Benyamin Netanyahu a pris ses distances avec son ancien mentor. Il dénonce les concessions faites aux partis religieux. Lui veut créer une coalition laïque entre les deux principales formations, et il est probable que sans lui aucun gouvernement ne soit possible.

Mais en l’état, une coalition alliant le Likoud et Bleu-blanc semble compliquée à créer. Benny Gantz rejette l’idée d’entrer dans un gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahu en raison des accusations de corruption pesant contre le chef du gouvernement sortant, et Benyamin Netanyahu martèle qu’il veut créer une coalition de droite, seule façon pour lui d’essayer de se maintenir au pouvoir en cas de mise en examen dans les prochaines semaines. Israël traverse une crise politique inédite dont l’issue demeure incertaine.

Au moins, après les précédentes élections, Netanyahu avait 60 sièges sur 120. D’après les sondages, cette fois-ci, il devrait avoir moins que cela cette fois-ci. Donc Lieberman sera le faiseur de roi. Mais on se retrouve face au même problème : Liberman affirme qu’il ne siégera pas avec les ultra-orthodoxes mais il ne peut y avoir de majorité sans eux.

Gideon Rahat, professeur de sciences politiques, à l'université hébraïque de Jérusalem

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