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Syrie

En Syrie, le retrait américain recompose le paysage militaire

Des militaires des forces armées syriennes dans la base de Tabqa, dans la région de Raqqa, en Syrie, le 14 octobre 2019.
Des militaires des forces armées syriennes dans la base de Tabqa, dans la région de Raqqa, en Syrie, le 14 octobre 2019. SANA / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le retrait des troupes américaines de Syrie contraint les pays membres de la coalition internationale contre le groupe État islamique, dont la France, à se retirer également, et les forces kurdes à nouer de nouvelles alliances.

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Des forces américaines présentes en Syrie, il ne devrait plus rester que les quelque 150 militaires qui contrôlent la base d'Al-Tanf, située dans le sud du pays. Selon un responsable américain qui requiert l'anonymat, ordre a en effet été donné au millier de soldats présents dans le nord de quitter la Syrie. Dimanche, le ministre de la Défense, Mark Esper, avait annoncé que Washington allait retirer jusqu'à 1 000 soldats du nord de la Syrie, sans préciser s'ils quittaient le pays ou s'ils se retiraient simplement des zones de combat.

Les soldats américains « resteront dans la région » pour éviter un retour du groupe État islamique, assure Donald Trump. Mais ce départ modifie considérablement la physionomie des forces présentes dans le pays et fait craindre la résurgence de l'organisation État islamique.

Macron s'est entretenu avec Trump et Erdogan...

Emmanuel Macron a insisté auprès de Donald Trump, au cours d'un entretien téléphonique lundi soir, sur la « nécessité absolue d'empêcher une résurgence » du groupe État islamique (EI), à l'occasion de l'opération turque contre les forces kurdes en Syrie, a indiqué l'Élysée lundi soir. Le président français s'est également entretenu dans la soirée avec ses homologues turc Recep Tayyip Erdogan et irakien Barham Saleh, a précisé la présidence.

L'échange entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan a « confirmé une profonde divergence de vues sur les conséquences prévisibles de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien », a indiqué l'Élysée.

La conversation entre les présidents français et irakien a surtout porté « sur les risques au plan humanitaire et sécuritaire de la situation actuelle », ainsi que « sur les mesures à prendre dans le cadre de la Coalition internationale contre Daech, qui devra faire face à ses responsabilités ».

Fin de l'intervention française

À l'issue d'un Conseil restreint de défense, l'Élysée a ainsi indiqué ce lundi matin qu'il allait prendre « dans les prochaines heures » des mesures « pour assurer la sécurité des personnels français militaires et civils » présents dans le nord-est de la Syrie. L'état-major des armées, invoquant des raisons de sécurité, n'a rien ajouté. Mais dans les faits, c'en est fini de l'intervention française en Syrie.

Quelques centaines de forces spéciales y épaulaient les forces kurdes au sein d'une coalition internationale contre les combattants du groupe État islamique. Sans la présence américaine, impossible de rester. Il en va de même pour le Royaume-Uni, autre contributeur de la coalition. En Syrie, Paris et Londres étaient totalement dépendants de l'allié américain pour le renseignement ou la logistique. Le retrait de Washington va donc obliger les troupes françaises à évacuer, probablement côté irakien afin d'éviter de se retrouver prises en étau dans l'offensive turque.

Moscou renforce son image dans la région

Abandonnés par les forces occidentales, les Kurdes ont, quant à eux, été contraints de nouer de nouvelles alliances avec Damas et son soutien russe pour contrer l'offensive turque. Les forces du régime syrien sont entrées ce lundi soir dans la ville clé de Manbij et des unités d'infanterie ont été dépêchées dans plusieurs secteurs du nord de la Syrie.

Pour Moscou, le retrait américain est du « pain béni », estime Arnaud Dubien, chercheur à l'Observatoire franco-russe de Moscou. Alors que la réputation des États-Unis au Moyen-Orient, déjà érodée depuis 2011, est désormais sérieusement mise à mal, celle de la Russie se trouve renforcée. « La Russie, qui était déjà perçue comme incontournable, va devenir absolument majeure », analyse le chercheur.

À l'évidence, les Russes tirent les ficelles.

Arnaud Dubien sur le rôle de la Russie dans l'accord entre Damas et les FDS

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