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Syrie / Irak

Du califat à la mort d'al-Baghdadi, la trajectoire de l'EI en Irak et en Syrie

Un drapeau de l'organisation État islamique sur la route de la base militaire d'al-Fatiha, au sud d'Hawija, le 2 octobre 2017.
Un drapeau de l'organisation État islamique sur la route de la base militaire d'al-Fatiha, au sud d'Hawija, le 2 octobre 2017. REUTERS/Stringer
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le groupe État islamique (EI) a autoproclamé son « califat » en juin 2014, en Irak et en Syrie. Le groupe jihadiste dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, dont la mort a été confirmée par le président des États-Unis, a été vaincu en mars 2019, mais les jihadistes disposent encore d’une forte influence sur ce qui a été leur territoire.

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L'État islamique, aussi désigné sous le nom de Daech, est un groupe jihadiste issu de l’islam sunnite. Il a été créé par des individus qui considéraient que la stratégie d’al-Qaïda, fondée par Oussama ben Laden, devait être corrigée. Al-Qaïda considérait qu’il ne fallait pas mener la guerre contre les régimes arabes pour créer un État islamique mais porter cette guerre aux États-Unis, les États-Unis étant le principal soutien des régimes et notamment de l’Arabie saoudite. S’il a revendiqué en France les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 14 juillet 2016 à Nice, et s'est implanté dans d'autres pays (Libye, Somalie...), l'EI a principalement mené sa guerre en Irak et en Syrie.

► Un « califat » en Syrie et en Irak. En Syrie, les jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) avaient pris dès 2013 le contrôle de la ville de Raqqa et d’Alep, dans le nord du pays. Ils ont conquis une grande partie de la province de Deir Ezzor, dans l’Est. En Irak, où il a bénéficié du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein et de groupes salafistes, l'EIIL s'était emparé le 10 juin de la ville de Mossoul, au nord, et d'une grande partie de la province de Ninive, dont elle est le chef-lieu. Le 29 juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) annonce l'établissement d'un « califat » dans les régions conquises sur ces deux pays. Le groupe terroriste se fait appeler « État islamique ». Il désigne son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, comme « calife ».

► À lire aussi : Abou Bakr al-Baghdadi, alias calife Ibrahim de l’État islamique

► Messages audio, deux vidéos. On surnommait Abou Bakr al-Baghdadi « Le fantôme » pour sa discrétion. Le 5 juillet 2014, al-Baghdadi apparaît dans une vidéo sur des sites jihadistes et appelle tous les musulmans à lui « obéir ». Abou Bakr al-Baghdadi est régulièrement réapparu ensuite, par la voie d'enregistrements audio. Alors qu’il a été donné pour mort plusieurs fois, l'État islamique diffuse, le 29 avril 2019, une vidéo de propagande dans laquelle Abou Bakr al-Baghdadiapparaît pour la première fois en cinq ans.

► Des revers en Irak. Dès 2015 et la deuxième année du califat, l'État islamique est contraint de changer de stratégie, parce qu'il est déstabilisé par les bombardements sur ses positions. De ce côté de la frontière, les forces irakiennes reprennent Tikrit, le 31 mars 2015, dans le nord du pays. C’est le début d’une longue série de revers pour le groupe jihadiste. Le 13 novembre, les forces kurdes irakiennes appuyées par des frappes de la coalition antijihadistes reprennent Sinjar. En 2016, l'EI est chassé de Ramadi, puis de Falloujah. Le 10 juillet 2017, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi proclame la libération de Mossoul, à l'issue d'une offensive de neuf mois. Le 9 décembre 2017, le même Abadi proclame la victoire sur l’organisation terroriste.

► Des défaites en Syrie. Les images des jihadistes défilant, armes à la main, sur les toits de leurs véhicules 4X4 appartiennent désormais au passé. Dès le mois septembre 2014, une coalition internationale dirigée par les États-Unis a lancé ses premières frappes contre les jihadistes. Dans ce pays, les forces kurdes soutenues par la coalition chassent l'État islamique de Kobané, ville kurde à la frontière turque, le 26 janvier 2015. En mars 2017, la cité antique de Palmyre, conquise deux fois par les jihadistes, est définitivement reprise par le régime de Bachar el-Assad, aidé de son allié russe. Le 17 octobre 2017, l'État islamique perd Raqqa, et c'est l'engrenage. En septembre 2018, les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) lancent une offensive contre l'ultime réduit dans la province de Deir Ezzor. Le 23 mars 2019, la prise du village de Baghouz, près de la frontière irakienne, signe la « fin du califat ».

► À écouter et à voir aussi : [Reportage] Voyage au bout du «califat»

► Exactions, esclavage sexuel et destructions de patrimoine. Dans les régions qu'il contrôle, l'État islamique procède à de nombreuses décapitations et exécutions collectives. Des femmes soupçonnées d'adultère sont lapidées, des homosexuels assassinés. Le groupe commet rapts et viols, et certaines de ces atrocités sont mises en scène dans des vidéos devenues des armes de propagande. En Irak, le groupe, qui s'est emparé du foyer historique des Yazidissur les monts Sinjar à l'été 2014, a transformé en enfants soldats les plus jeunes, et soumis des milliers de femmes aux travaux forcés et à l'esclavage sexuel. Ces exactions font l'objet d'une enquête de l'ONU pour génocide. Dans la cité antique de Palmyre, en Syrie, les jihadistes ont aussi détruit une partie des trésors archéologiques classés au patrimoine mondial de l'Unesco.

► Donald Trump annonce la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi. Le 27 octobre 2019, Donald Trump annonce la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi depuis la Maison Blanche. Le 20 août, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé que l'EI est « plus puissant aujourd'hui qu'il y a trois ou quatre ans  » dans « certaines zones » d'Irak et de Syrie. En octobre, une offensive turque contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie, après un retrait des troupes américaines de plusieurs bases de la zone, fait craindre une résurgence du groupe terroriste. En France, la question du retour des combattants enrôlés dans l’organisation jihadiste et de leurs enfants nés en Syrie et Irak, sous le régime de l’État islamique, se pose aussi.

(Avec AFP)

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