Israël

Israël: la stratégie de défense de Benyamin Netanyahu critiquée jusqu’à droite

La manifestation de soutien à Benyamin Netanyahu, à Tel Aviv, le mardi 26 novembre.
La manifestation de soutien à Benyamin Netanyahu, à Tel Aviv, le mardi 26 novembre. REUTERS/Amir Cohen

« Stop au coup d’État », c’était le nom d’une manifestation organisée à Tel Aviv mardi 26 novembre, en soutien au Premier ministre Benyamin Netanyahu. Le chef du gouvernement israélien a été mis en examen la semaine dernière pour fraude, abus de confiance et corruption dans trois affaires distinctes. Lui rejette ces accusations et dénonce une tentative de le renverser. Et c’est avec ce mot d’ordre qu’il tente de mobiliser ses partisans.

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de notre correspondant à Jérusalem,

Une heure après l’annonce de sa mise en examen par le procureur général, Benyamin Netanyahu avait fait une allocution télévisée dans laquelle il se présentait comme une victime. Les enquêtes le visant sont biaisées et basées sur de fausses allégations, assure le chef du gouvernement. À ses yeux, elles ont pour but de « renverser un Premier ministre de droite », un Premier ministre qui n’a pas été battu dans les urnes depuis dix ans.

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Benyamin Netanyahu désigne les médias et les magistrats comme responsables de cette mise en examen. Il pointe même nommément deux procureurs en charge de ces dossiers et appelle à l’ouverture d’une « enquête sur les enquêteurs ». Et ses partisans reprennent ces accusations. « Le système judiciaire est la victime d’un complot de la gauche et des médias », a assuré mardi soir lors de la manifestation Miki Zohar, un des députés du Likoud, le parti de Benyamin Netanyahu. Certains manifestants arboraient des pancartes appelant à l’arrestation des deux procureurs ciblés par le Premier ministre.

De nombreuses critiques

Mais cette stratégie de défense lui vaut de nombreuses critiques, de la part de l’opposition tout d’abord. Son principal rival, Benny Gantz, juge que « dans une démocratie saine, chacun a le droit d’exprimer ses opinions librement ». « Mais dans une démocratie saine, poursuit-il, un Premier ministre n’organiserait pas une manifestation contre le système judiciaire qu’il préside ».

Le procureur général a aussi sévèrement critiqué ces attaques. « J'entends des menaces, des mensonges, des dénigrements sans fondement : c’est une honte » a dit Avichaï Mandelblit. Et pour ce haut magistrat, il est également « inconcevable » que les deux procureurs critiqués soient contraints désormais de se déplacer avec des gardes du corps. Parmi les opposants de Benyamin Netanyahu, certains dénoncent un climat de peur et plusieurs vont jusqu’à faire un parallèle avec la situation de 1995, les mois qui ont précédé l’assassinat du Premier ministre de l'époque, Yitzhak Rabbin.

Une stratégie qui ne plaît pas à tout le monde

Mais la stratégie de Benyamin Netanyahu ne plaît pas non plus à tout le monde au sein de la droite, le camp même du Premier ministre. Et la manifestation de mardi 26 novembre l’a d’ailleurs souligné. Le nombre de manifestants est estimé à 5 000 par la presse israélienne, ce qui est peu alors même que le Likoud avait mis en place des bus depuis plusieurs villes du pays. Le bureau du Premier ministre avait également invité les députés et les ministres du Likoud à venir mais seuls trois députés sur 32 avaient fait le déplacement.

Depuis sa mise en examen, l’autorité de Benyamin Netanyahu n’est ouvertement défiée que par un seul cadre du Likoud. Il a pour l’instant réussi à conserver l’unité du parti autour de lui. Mais selon la radio publique israélienne, plusieurs cadres lui ont ouvertement exprimé leurs réticences quant à sa stratégie, lui demandant de cesser ses attaques contre le système judiciaire, craignant que cela nuise finalement au parti. Et hier mercredi, dans une vidéo, Benyamin Netanyahu a remercié ses partisans mais affirmé « nous respectons la loi et les tribunaux ».

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