Liban

[Reportage] Le blocage politique au Liban accentue la crise économique

Une vue de la rue d'Hamra, à Beyrouth, la capitale du Liban (image d'illustration).
Une vue de la rue d'Hamra, à Beyrouth, la capitale du Liban (image d'illustration). AFP PHOTO / JOSEPH EID

Depuis le 17 octobre, le Liban est agité par une contestation populaire inédite qui a entrainé la démission du gouvernement. Le blocage politique dure et pendant ce temps le Liban continue de s’enfoncer dans la crise économique qui était déjà là et qui est l’une des causes de la colère populaire au Liban.

Publicité

Avec notre envoyé spécial au Liban, Nicolas Falez

Dans un salon de thé, le vendeur emballe l’un des rares paquets de gâteaux qu’il aura vendus aujourd’hui. Il y a quelques semaines, le propriétaire de la boutique lui a annoncé que son salaire serait divisé par deux.

« Je travaille ici, je sais si le commerce se porte bien ou pas. Il n’y a pas de clients, les tables sont vides depuis ce matin alors il nous donne un demi-salaire. Je le comprends, je vois la situation et on ne peut rien faire. Il va me dire "quitte le boulot ou va travailler avec un demi-salaire", moi je préfère rester », explique-t-il.

Un salaire réduit de moitié, parfois assorti d’un chômage partiel, est devenu la réalité de très nombreux salariés du secteur privé. Selon le syndicat des restaurateurs du Liban, plus de 250 établissements ont mis la clé sous la porte rien que pour le mois d’octobre et les annonces de licenciements se multiplient dans tous les secteurs.

Tous les indicateurs économiques du pays sont au rouge, avec une pénurie de liquidité, les banques limitent les retraits hebdomadaires de leurs clients. Beaucoup évoquent désormais le risque d’un effondrement économique du Liban.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail