Syrie

[Reportage] Le désespoir des déplacés de l’offensive turque en Syrie

Un camp de déplacés qui s'est récemment établi pour accueillir les déplacés du nord-est de la Syrie suite à l'offensive turque dans le pays.
Un camp de déplacés qui s'est récemment établi pour accueillir les déplacés du nord-est de la Syrie suite à l'offensive turque dans le pays. RFI/Thibault Lefébure

Suite à l’opération turque dans le nord-est de la Syrie, de nombreux habitants de cette zone en ont été chassés et se retrouvent maintenant réfugiés dans des camps de déplacés.

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Avec notre envoyé spécial en Syrie,  Noé Pignède

Il y a deux mois, les Turcs lançaient l’opération « Source de paix » dans le nord-est de la Syrie. Leur but était de chasser les soldats kurdes de la zone frontalière. Depuis, les combats entre les forces du Kurdistan syrien et les milices soutenues par l’armée turque sont à l’arrêt ou presque. Désormais, 4 000 kilomètres carrés de territoire syrien sont occupés par les milices d'Ankara.

La majorité des habitants qui peuplaient cette zone frontalière ont dû quitter leurs terres et trouver refuge dans des camps de déplacés, sans espoir de retour, comme dans ce camp de fortune au milieu d’un champ boueux. Dans des centaines de tentes blanches s’entassent les familles de déplacés à une cinquantaine de kilomètres de la ligne de front. Quelque 4 700 personnes vivent depuis deux mois sans eau courante ni électricité.

« Nous ne pouvons plus rentrer »

Aïsh Asulta a fui son village sous les bombardements de l’aviation turque : « Tout le monde est parti. Nous avons fui sous les balles et les bombes, avec nos vaches, nos moutons et nos enfants. Et maintenant, nous ne pouvons plus rentrer. On nous a dit que les milices de la Turquie nous avaient volé notre maison et tout ce que nous avions. »

Un peu plus loin, un vieil homme dans sa tente explique sa situation autour d'un thé. Son village est lui aussi occupé par la Turquie, mais il est parvenu à y retourner à plusieurs reprises à l’aide de passeurs. Il refuse de donner son nom par peur de représailles.

« Si je vous dis comment je m’appelle, ils me couperont la tête ! Car malgré l’occupation des milices turques, je suis retourné plusieurs fois dans ma maison, en secret. Mais il n’y a plus rien. Ils ont volé toutes mes affaires, ma moto, mon argent… il ne reste que les murs ! Ces gens sont juste venus pour nous piller. Ce ne sont que des voleurs. »

200 000 déplacés

Selon les autorités kurdes, l’offensive turque sur le nord-est syrien a provoqué près de 200 000 déplacés en deux mois. Ce sont des civils kurdes, arabes et chrétiens qui ont fui les combats, et qui refusent désormais de retourner vivre dans une région où Ankara fait la loi.

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