Irak / Etats-Unis

Irak: imbroglio autour d'une lettre annonçant le retrait américain

C'était une lettre «très claire», a commenté le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi (ici le 5 janvier 2020 à Bagdad).
C'était une lettre «très claire», a commenté le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi (ici le 5 janvier 2020 à Bagdad). Iraqi Prime Minister Media Office/Handout via REUTERS

Le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a confirmé ce mardi avoir reçu une lettre « signée », « traduite » et « très claire » du commandement militaire américain annonçant un retrait militaire d'Irak.

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Washington avait parlé d'une « erreur ». Selon le Premier ministre démissionnaire irakien, la lettre envoyée hier par le commandant américain des opérations militaires en Irak annonçant le redéploiement des forces de la coalition anti-jihadiste dans le but d'un « retrait » était pourtant « très claire ».

« Ce n'est pas une feuille qui est tombée de la photocopieuse », a commenté ce mardi Adel Abdel Mahdi lors du Conseil des ministres retransmis à la télévision d'État. « Maintenant, ils disent que c'était un brouillon (...), mais ils auraient pu envoyer une autre lettre de clarification », a-t-il souligné.

Lundi soir, le chef d'état-major américain Mark Milley avait rapidement réagi à la divulgation de cette lettre, en confirmant qu'elle était authentique, mais en assurant qu'il s'agissait d'un simple « projet (de lettre) non signé » transmis par « erreur ». « Cette lettre ne correspond pas à notre état d'esprit aujourd'hui. » avait déclaré de son côté le ministre américain de la Défense. « Aucune décision n'a été prise de quitter l'Irak. Point », avait abondé Mark Esper qui l'a répété ce mardi en conférence de presse « Notre politique n'a pas changé. Nous ne quittons pas l'Irak ». 

« C'était une lettre officielle avec la mise en page traditionnelle », a insisté Adel Abdel Mahdi. Il a ajouté qu'une première version traduite en arabe leur avait été remise, qui comportait des erreurs, et qu'une seconde version, corrigée, avait ensuite été renvoyée.

La missive américaine faisait référence à une résolution adoptée dimanche au Parlement irakien réclamant l'expulsion des troupes de la coalition internationale anti-jihadiste, dont les 5 200 soldats américains. Cette décision faisait suite à la mort du général iranien Qassem Soleimani, architecte de la stratégie de l'Iran au Moyen-Orient, tué deux jours plus tôt par une frappe de drone américaine à Bagdad.

(Avec AFP)

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