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Liban

Liban: tout juste nommé, le nouveau gouvernement Diab déjà contesté

Hassan Diab, le 21 janvier 2020.
Hassan Diab, le 21 janvier 2020. REUTERS/Mohamed Azakir
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le Liban en crise s'est doté mardi soir d'un gouvernement, dirigé par Hassan Diab, près de trois mois après la démission de Saad Hariri sous la pression de la rue. Celle-ci rejette d'ores et déjà la nouvelle équipe.

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La liste des membres du gouvernement a été lue par un haut responsable au palais présidentiel à Beyrouth après que le président Michel Aoun a signé le document qui a fait l'objet de plus d'un mois de tractations sous tension.

Selon le journal francophone libanais L'Orient-Le Jour, les ministres sont au nombre de vingt. Si la parité sexuelle est loin d'être atteinte (six femmes), elle est respectée au niveau confessionnel : autant de chrétiens que de musulmans.

Le Premier ministre a promis que son gouvernement ferait tout son possible pour répondre aux revendications du mouvement de contestation qui agite le pays depuis plus de trois mois et réclame une refonte du système politique. Parmi les priorités de son gouvernement : satisfaire les revendications de la révolte des Libanais, combattre la corruption et l'enrichissement illégal, récupérer les fonds publics pillés, lutter contre le chômage, s’attaquer à la crise économique et financière et préparer une nouvelle loi électorale.

Une indépendance revendiquée, mais jusqu'où ?

Vaste et ambitieux programme, qui intervient dans des conditions peu favorables/ Saad Hariri, qui dirige le plus grand parti sunnite, une communauté dont est issu le Premier ministre, ne cache pas son hostilité à son égard/ Les partisans de l’ancien chef du gouvernement ont d’ailleurs bloqué, mardi soir, les routes dans de nombreuses régions du pays, estimant que Hassan Diab ne représentait pas les sunnites/ Autour du Parlement, des affrontements ont opposé des manifestants et les forces de l’ordre/

« C'est un gouvernement qui exprime les aspirations des manifestants dans tout le pays, mobilisés depuis plus de trois mois, qui travaillera à répondre à leurs revendications: indépendance de la justice, recouvrement des fonds détournés, lutte contre l'enrichissement illégal », a-t-il déclaré peu après l'annonce de la formation de son cabinet.

Loin de se laisser intimider, Hassan Diab a de nouveau affiché, mardi soir, son indépendance, y compris à l’égard de ceux qui l’ont nommé : le Hezbollah, le Courant patriotique libre, le plus grand parti chrétien fondé par le président Michel Aoun, et leurs alliés. Même s’il a collaboré avec eux pour former son gouvernement, il semble déterminer à leur imposer son style. Mais s’il veut réussir, il sera contraint de composer avec les partis traditionnels honnis par la rue. Car sans eux, rien ne passe au Parlement, qui est totalement sous leur contrôle, analyse notre correspondant Paul Khalifeh.

La rue gronde de plus belle

Or, cette même rue beyrouthine ne l'entend pas de cette oreille. Pour les manifestants, ce nouveau gournement Diab est issu de la même classe corrompue rejettée avec force depuis mi-octobre.

Dès l'annonce, des protestataires ont manifesté leur colère et leur déception dans plusieurs endroits au Liban. Notamment à Beyrouth : des artères de la capitale ont de nouveau été coupées avec des pneus enflammés. Devant le Parlement libanais, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblées, constate notre envoyé spécial Nicolas Falez. Certains frappent des tambours, des casseroles.

Un gouvernement attendu depuis plusieurs mois

Le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d'un mouvement de contestation inédite contre une classe dirigeante jugée corrompue et incompétente. Le pays attendait un nouveau gouvernement depuis la démission du Premier ministre Saad Hariri le 29 octobre.

Après des semaines de tergiversations, Hassan Diab, professeur d'ingénierie et ancien ministre de l'Éducation, avait été chargé le 19 décembre de former un gouvernement.

M. Diab s'était engagé à choisir des technocrates indépendants, comme le réclame la rue. Il avait également promis un gouvernement dans un délai d'un mois à six semaines, dans un pays où la formation des cabinets dure parfois plusieurs mois en raison d'interminables tractations dues à une répartition des portefeuilles assurant une représentation des différentes communautés de ce pays multiconfessionnel.

En trois mois de contestation, la colère n'a fait que grandir parmi les manifestants qui fustigent l'inertie des dirigeants : la crise économique s'aggrave avec des licenciements en masse, des restrictions bancaires drastiques et une forte dépréciation de la livre libanaise face au dollar.

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