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Mission périlleuse pour le nouveau gouvernement au Liban

Le Liban croule sous une dette avoisinant les 81 milliards d'euros, soit plus de 150% de son produit intérieur brut (PIB), l'un des taux les plus élevés mondialement.
Le Liban croule sous une dette avoisinant les 81 milliards d'euros, soit plus de 150% de son produit intérieur brut (PIB), l'un des taux les plus élevés mondialement. REUTERS/Aziz Taher
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Dévoilé mardi 21 janvier, le nouveau gouvernement libanais n’a pas encore annoncé ses intentions. Une tâche immense l’attend dans un pays miné par de multiples problèmes économiques. En prenant ses fonctions la semaine dernière, le Premier ministre Hassan Diab a reconnu que son pays était dans une impasse « financière, économique et sociale ».

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Ce lundi 27 janvier, de petits groupes de manifestants ont tenté de bloquer les accès au Parlement de Beyrouth. Le quadrillage du centre de la capitale par les forces de sécurité a eu raison de leur projet et les députés ont voté le budget 2020 alors que des heurts se déroulaient à l’extérieur. Cette séance a ulcéré les protestataires mobilisés depuis le 17 octobre dernier au Liban : « Le Parlement n’a pas voté la confiance au nouveau gouvernement et il vote un budget préparé par l’équipe qui a dû démissionner », résume une manifestante. Les protestataires ne sont pas les seuls à dénoncer ce calendrier, puisque des députés libanais ont boycotté la séance du Parlement pour les mêmes raisons.

Crise politique, économique et bancaire

Le Liban a donc désormais un budget, prévoyant un déficit d’environ 7% du PIB. Mais une semaine après la nomination du gouvernement d'Hassan Diab aucun programme n’a encore été annoncé pour tenter d’éviter la « catastrophe » selon le terme employé par le chef du gouvernement lui-même. « Catastrophe », c’est bien ce que décrivent les Libanais aujourd’hui : hausse des prix, licenciements, salaires divisés par deux, fermetures d’entreprises, détresse sociale d’une partie de la population qui s’appauvrit. Et puis il y a la pénurie de dollars, devise qui côtoie la livre libanaise dans tous les porte-monnaie du pays. Dans les banques les retraits sont limités : « tous les jours des déposants se présentent au guichet des banques et ces dernières n’ont pas des dollars à l’infini », prévient l’économiste Elie Yachoui qui n’écarte pas la possibilité de voir un certain nombre de banques fermer leur porte, une fois les derniers dollars écoulés. « Ceci va accroître de façon exponentielle la panique des déposants, alerte cet ancien doyen de l’université Saint-Joseph de Beyrouth qui décrit une véritable bombe à retardement : « Les déposants à qui les banques refusent des dollars iront rejoindre les révolutionnaires ». Pour Elie Yachoui, ce scénario de « crash financier » pourrait bien emporter le gouvernement à peine installé.

Une aide du FMI envisagée

Tout juste nommé, le nouveau ministre des Finances, Ghazi Wazni, a annoncé, dans des propos rapportés par la presse, que son pays cherchait à obtenir entre 4 à 5 milliards de dollars de prêts bonifiés pour financer l'achat de blé, de carburant et de médicaments. Le groupe des « Amis du Liban » qui s’est réuni à Paris en décembre a prévenu que toute aide financière était conditionnée à des réformes pour plus transparence et pour faire reculer la corruption.

Face aux urgences, le Liban pourrait-il se tourner vers le FMI pour un soutien financier ? La question est débattue parmi les économistes. « Le FMI n’a jamais aidé les pays en voie de développement à créer une économie de production, explique Albert Dagher de l’université libanaise. Lorsqu’il y a un gros problème, le FMI cherche à assurer la viabilité financière de l’État, il ne faut pas que vous dépensiez beaucoup, il faut que vous ayez un équilibre budgétaire. Je suis de ceux qui ont beaucoup de réserves sur les interventions du FMI, on sait qu’il y a un coût élevé à assumer : une forte réduction du pouvoir d’achat des gens, des gens jetés à la rue, des gens qui perdent leur travail et un taux de croissance qui n’augmente pas. »

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