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Yad Vashem reconnaît des erreurs lors des commémorations de la Shoah

Vladimir Poutine, le 23 janvier 2020 à Yad Vashem.
Vladimir Poutine, le 23 janvier 2020 à Yad Vashem. Abir Sultan/Pool via REUTERS

C’est une démarche rare que vient d’entreprendre le mémorial de l’Holocauste à Jérusalem. Le 23 janvier dernier, Yad Vashem accueillait une grande commémoration à l’occasion du 75ème anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz. Mais l’institution vient d’écrire une lettre pour présenter ses excuses. Elle reconnaît des erreurs dans la présentation des événements de cette page de l’histoire lors de la cérémonie.

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De notre correspondant à Jérusalem

Le Forum Mondial de l’Holocauste s’est réuni cette année à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Et le président israélien avait invité une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement. Cette cérémonie se voulait un moment fort de commémoration, un rappel puissant de ce génocide, à un moment où l’antisémitisme regagne en intensité dans le monde entier. Mais au cours de la cérémonie, plusieurs vidéos ont été présentées pour rappeler le déroulé des faits. Et ce sont ces films qui contenaient, estime Yad Vashem, « un certain nombre d’inexactitudes qui ont entraîné une présentation partielle et déséquilibrée des faits historiques ». 

Des cartes erronées

Le directeur du centre de recherches situé au sein de l'Institut international pour la mémoire de la Shoah regrette que ces vidéos n’aient pas rappelé « la division de la Pologne entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique ni la conquête de l’Europe de l’Ouest en 1940 ». Par ailleurs, relève le professeur Dan Michman, les cartes comprenaient aussi des erreurs : les frontières de la Pologne étaient mal dessinées et certains camps de concentration étaient présentés comme des camps d’extermination.

En présentant ses excuses, le directeur du centre de recherches de Yad Vashem assume une part de responsabilité. Mais dans sa lettre, il rappelle également que la cérémonie était organisée par la Fondation pour le Forum Mondial de l’Holocauste, une organisation dirigée par Moshe Kantor. Moshe Kantor est un homme d’affaires russe, un oligarque proche de Vladimir Poutine, dont le rôle dans l’organisation de cet événement - notamment financier – fait l’objet de critiques. Face à la controverse, le bureau du président israélien a tenu à préciser ce mardi soir que le gouvernement avait dépensé 22 millions de shekels, près de 5,8 millions d’euros, pour recevoir cette cinquantaine de dirigeants du monde entier. Le dîner, la veille de la cérémonie, a notamment été payé entièrement par la présidence insiste le bureau de Reuven Rivlin. Mais il ne dit rien en revanche de la cérémonie elle-même.

Bras de fer mémoriel entre Varsovie et Moscou

Le communiqué de Yad Vashem ne le souligne pas explicitement, mais il dénonce les « efforts d’obscurcissement et de distorsion des discours politiques dans différents pays ». Sans être directement nommé, Vladimir Poutine est bien visé. Vladimir Poutine est engagé dans un bras de fer mémoriel avec la Pologne, présentant son pays comme une force libératrice – voire comme l’unique force libératrice – face au nazisme. La Pologne, elle, souligne que l’invasion de son territoire en 1939 par l’URSS et l’Allemagne a donné le coup d’envoi de la Seconde Guerre mondiale. Et son président avait d’ailleurs boycotté la cérémonie de Yad Vashem car il n’avait pas eu le droit de prendre la parole alors que Vladimir Poutine, lui, était invité à prononcer un discours.

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