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Alors qu'Ankara menace Damas de représailles, les Syriens avancent à Idleb

Renforts militaires turcs pour la région d'Idleb, ce 7 février 2020.
Renforts militaires turcs pour la région d'Idleb, ce 7 février 2020. Aref TAMMAWI / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ce samedi 8 février, alors que l'armée syrienne dit avoir repris la ville clé de Saraqeb, Ankara a menacé Damas de représailles si ses avant-postes militaires, dont trois ont été encerclés par les forces du régime de Bachar el-Assad, étaient attaqués dans la province d'Idleb, le dernier bastion rebelle de Syrie.

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Situation bien complexe en Syrie : en accord avec la Russie, qui soutient le régime de Bachar el-Assad, la Turquie, qui appuie des groupes rebelles syriens, a installé une douzaine de postes d'observation à Idleb (nord-ouest de la Syrie) pour prévenir une offensive des forces gouvernementales syriennes. Dans le même temps, soutenu par l'aviation russe, Damas poursuit sa progression dans la même province d'Idleb, dernier grand bastion des jihadistes et rebelles à encore lui échapper.

Vendredi, une source sécuritaire turque avait indiqué que trois avant-postes avaient été encerclés par des soldats du régime de Bachar el-Assad. « Nos postes d'observations à Idleb sont toujours en service et sont capables de se protéger avec les armes et l'équipement dont ils disposent », a assuré le ministère turc de la Défense sur Twitter. « En cas de nouvelle attaque, une réponse appropriée sera mise en oeuvre de la manière la plus forte, basée sur le droit à l'autodéfense », a-t-il encore déclaré. Ankara a envoyé 350 véhicules chargés de commandos et de munitions, dont des transports de troupes blindés, pour renforcer ses positions, indique l'agence étatique Anadolu. De son côté, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a rapporté que 625 camions turcs transportant du matériel militaire, dont des chars et des soldats, sont entrés en Syrie ces dernières 24 heures. Depuis le 2 février, 1200 véhicules ont été envoyés dans cette province.

Ultimatum

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a posé un ultimatum au régime syrien, lui demandant d'éloigner ses troupes des postes d'observation militaires turcs d'ici fin février. Lundi dernier, huit Turcs avaient été tués par un bombardement des forces soumises à l'autorité de Bachar el-Assad.

Farhettin Altun, le porte-parole du président Erdogan, a déclaré que l'évolution de la situation à Idleb était devenue intolérable pour Ankara, rejettant la responsabilité de la crise sur le régime Assad. « Nous ne pouvons pas tolérer ce qui se déroule à Idleb. Nous demanderons des comptes pour nos martyrs », a-t-il dit. « La place de Bachar al-Assad à l'avenir (...) n'est pas dans son palais présidentiel, clame-t-il, mais à la Cour internationale de justice à La Haye ».

Cet incident a rendu furieux Ankara, qui a demandé à Moscou de faire pression sur le régime pour qu'il cesse son offensive. Une délégation russe devait s'entretenir samedi avec des représentants turcs à propos de la situation à Idleb. La Turquie et la Russie, quoique se trouvant dans des camps opposés dans le conflit syrien, ont collaboré étroitement ces dernières années pour gérer la situation à Idleb.

Saraqeb passe sous contrôle syrien

L'armée syrienne a repris samedi aux jihadistes et rebelles la ville clé de Saraqeb, dans la province d'Idleb, dernière victoire en date pour le régime qui mène une offensive meurtrière dans le nord-ouest de la Syrie. Saraqeb se trouve à la jonction de deux autoroutes clés, M5 et M4, que le régime cherche à reconquérir en vue de relancer une économie ravagée par près de neuf ans de guerre.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a indiqué que les troupes de Damas ont reconquis depuis le 15 janvier 101 localités à Idleb et 35 à l’ouest d’Alep, indique notre correspondant à Beyrouth Paul Khalifeh. Dans cette région, les lignes de défense des jihadistes semblent s’être effondrées. Samedi, l’armée syrienne a encore pris cinq localités et elle n’était plus qu’à 15 kilomètres de l’autoroute Damas-Alep, dont elle contrôle désormais de larges tronçons.

Un peu plus de la moitié de la province d'Idleb et des secteurs attenants des provinces voisines d'Alep, Hama et Lattaquié, restent toujours dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

(avec AFP)

Syrie: Erdogan lance un ultimatum à Damas et indirectement à Moscou

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