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Face à la crise, les Libanais parodient la livre et le dollar sur les réseaux

Un Libanais se tient à l'entrée d'une banque à Tripoli, le 22 janvier 2020.
Un Libanais se tient à l'entrée d'une banque à Tripoli, le 22 janvier 2020. Ibrahim CHALHOUB / AFP
4 mn

Le mouvement de contestation se poursuit au Liban depuis le 17 octobre, le pays étant toujours frappé de plein fouet par une crise sans précédent. Sur les réseaux sociaux, les Libanais évoquent les malheurs de la livre libanaise avec humour, qui a déjà perdu plus de 30% de sa valeur face au dollar. Celui-ci est presque introuvable dans le pays, ce qui menace l’importation des produits de première nécessité.

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De notre correspondant à Beyrouth,

Les pages sur Facebook, Twitter et Instagram parodiant la livre libanaise comptent des milliers d’abonnés et donnent lieu tous les jours à des flots de commentaires et de blagues. Le compte Lebanese Lira, qui se présente sur Twitter comme l’unique « compte officiel » de la monnaie nationale, rassemble déjà plus de 8 000 abonnés. Son slogan ? « Effondrement », en référence à la perte de 30% de sa valeur face au dollar.

Sur ce compte, la livre tient une sorte de journal intime où elle raconte ses malheurs au quotidien. Comme ce commentaire où elle signale que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété l’état d’urgence pour lutter contre l’épidémie du coronavirus, alors qu'au Liban aucune mesure n’a été prise pour freiner l’effondrement de la livre.

Ailleurs, un internaute loue les bienfaits de la thésaurisation : « C’est bien beau de conserver les billets chez soi, encore faut-il qu’ils ne servent pas de repas aux rats », dit-il, en brandissant un billet de 100 000 livres, soit 50 dollars... rongé

Le nom d’autre compte est évocateur en lui-même : Waynekyalira, ce qui signifie en arabe « où es-tu livre ? », en allusion à l’argent qui se fait de plus en plus rare.

#Lollar ou la chronique des dollars coincés dans les banques libanaises

Le mot-clé #Lollar, contraction de la livre et du dollar, a fait son apparition et a le vent en poupe. Son créateur Dan Azzi, un expert en finance de renom, en donne la définition suivante : il s’agit du dollar coincé dans les banques libanaises.

Car les épargnants ne peuvent plus disposer depuis début novembre de leurs fonds en dollars auprès des établissements bancaires. Le retrait du billet vert est soumis à de très sévères restrictions et à un rationnement draconien.

Le Lollar, qui dispose même d’un logo, est donc par essence rare et introuvable. Cette situation donne lieu à des commentaires hilarants. Des tee-shirts avec l’emblème du Lollar et l’inscription « Wanted, recherché mort ou vivant » ont fait leur apparition. Des chasses au Lollar sont organisées sous forme de concours.

Sur la page Facebook Lebanese Lollar, on peut voir un jeune homme portant une cage avec à l’intérieur la prise du jour : des billets d’un dollar.

Le gouverneur de la Banque du Liban, pris comme responsable, également parodié

Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban, est sans doute l’un des hommes les moins populaires au Liban en ce moment et est vu comme le responsable de cette crise. Un faux compte twitter portant son nom sert de forum de discussions plus ou moins sérieuses entre des experts sur les meilleurs moyens de sortir le pays de la crise.

Dans un de ses derniers tweets, celui qui parodie l’identité du patron de la banque centrale fait état de dollars contaminés au coronavirus et se propose de les tester et de les décontaminer, avec l’intention manifeste de ramasser ce qui reste de billet vert sur le marché libanais.

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