Reportage

Coronavirus: les masques du cordonnier d'Hébron

Test sur un travailleur palestinien revenant d'Israël, à l'extérieur du point de contrôle de Tarqumiya sous contrôle israélien, près de Hébron en Cisjordanie occupée par Israël le 26 mars 2020.
Test sur un travailleur palestinien revenant d'Israël, à l'extérieur du point de contrôle de Tarqumiya sous contrôle israélien, près de Hébron en Cisjordanie occupée par Israël le 26 mars 2020. REUTERS/Mussa Qawasma

Dans les Territoires palestiniens, l'état d'urgence a été prolongé pour un mois supplémentaire. 216 personnes ont été testées positif au coronavirus, mais les autorités craignent que cela s'intensifie les deux prochaines semaines avec le retour de nombreux travailleurs palestiniens qui étaient jusqu'alors en Israël. Alors pour lutter contre la propagation du virus, certains ne manquent pas d’inventivité.

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De notre correspondante à Ramallah,

Peu après la découverte des premiers cas de coronavirus à Bethléem, un cordonnier palestinien, Amjad Zaghir, se pose la question : est-ce qu’il y aura assez de masque pour tout le monde ? Il est propriétaire d’une usine de chaussures à Hébron, une ville au sud de la Cisjordanie, et il a une idée : pourquoi ne pas les fabriquer moi-même ?

Alors il achète un masque, l’étudie… cherche dans toute la ville le bon matériau pour le fabriquer. C’était la chose la plus compliquée, dit-il, trouver le fameux tissu, qui corresponde aux standards d’un masque médical. Il consulte ensuite des pharmaciens, puis des ateliers de couture.

Quelques jours après, c’est fait : son usine de chaussures transformée en fabrique de masques pour se protéger du coronavirus, avec une production quotidienne de 500 pièces.

Mais ça, c’était avant qu’il n’embauche 20 personnes ; désormais, il fabrique entre 7 000 et 9 000 masques par jour.

Ce n’est pas le profit qui l’intéresse, précise le gérant, il veut « protéger son peuple, offrir des opportunités de travail, dans une ville où le taux chômage est élevée ».

Amjad Zaghir distribue donc ses masques aux hôpitaux, ou encore à la police palestinienne à qui il les vend pour un prix dérisoire : 25 centimes d’euros. Et il est devenu le premier, et seul fabriquant de masques en Cisjordanie.

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