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Coronavirus: à Guayaquil, en Équateur, les pompes funèbres sont débordées

Des habitants se recueillent pendant l'inhumation d'un cercueil, à Guayaquil, le 7 avril 2020.
Des habitants se recueillent pendant l'inhumation d'un cercueil, à Guayaquil, le 7 avril 2020. REUTERS/Vicente Gaibor del Pino
Texte par : RFI Suivre
5 mn

À Guayaquil, capitale économique et épicentre de l’épidémie en Équateur, les autorités ont dû créer une équipe spéciale pour recueillir les cadavres, parfois abandonnés dans les rues. Dimanche 12 mars, près de 800 dépouilles ont été récupérées dans des logements.

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Près de 800 cadavres ont été recueillis dans des logements de Guayaquil, capitale économique de l'Équateur, par une force spéciale formée de policiers et militaires, a annoncé dimanche un responsable. Une force spéciale créée par le gouvernement face au chaos déclenché par la pandémie à Guayaquil, grand port situé sur la côte Pacifique et où les services hospitaliers et funéraires sont débordés par la pandémie de Covid-19.

L'Équateur, deuxième pays le plus touché d'Amérique latine

Le pays de 17,5 millions d'habitants est, après le Brésil, le deuxième le plus touché d'Amérique latine par la pandémie. Selon le dernier bilan, il dénombre 7 500 cas et 333 morts. Il a décrété l'urgence sanitaire et la fermeture des frontières. La province de Guayas concentre 72% des cas et Guayaquil, sa capitale, compte à elle seule environ 4 000 malades du Covid-19.

« Le nombre (de corps) que nous avons recueillis dans les habitations avec la force spéciale a dépassé les 700 », a d’abord déclaré Jorge Wated, qui dirige cette équipe, lors d'une conférence de presse virtuelle depuis Guayaquil. Un peu plus tard, il a indiqué sur son compte Twitter que ce nombre était désormais de 771, auxquels s'ajoutent 631 corps qui se trouvaient dans les hôpitaux, dont les morgues sont pleines.

M. Wated n'a pas spécifié les causes de ces quelque 1 400 décès qui sont survenus pendant l'urgence sanitaire décrétée à Guayaquil à cause de la pandémie.

Des cadavres abandonnés dans les rues pendant des jours

Depuis trois semaines, cette force spéciale retire les cadavres des habitations après l’effondrement des services mortuaires de Guayaquil qui a entraîné d'énormes retards des obsèques et des inhumations, alors qu'un couvre-feu de 15 heures par jour est en vigueur dans tout le pays. Face à cette pénurie, l’industrie cartonnière a proposé des milliers de cercueils en carton et les prisons ont également été mises à contribution.

Ces dernières semaines, des centaines de cadavres ont été laissés chez eux, voire dans les rues, enveloppés de plastique noir, des jours durant. Les habitants ont diffusé sur les réseaux sociaux des vidéos de corps abandonnés dans les rues et des appels au secours de familles voulant enterrer leurs morts. En plus de cette création, le gouvernement équatorien a pris en charge les inhumations devant l'impossibilité des proches d'y procéder pour diverses raisons, notamment financières.

Le président équatorien Lenin Moreno a annoncé dimanche 12 avril sur son compte Twitter sa décision de réduire de moitié son salaire et ceux des autres fonctionnaires de l'État. Cela devant la crise économique provoquée par la pandémie et par la chute des prix internationaux du pétrole.

Des conteneurs frigorifiques servant de dépôt pour les dépouilles

Les inhumations se déroulent sans la présence de proches des victimes. Leurs noms figurent sur un portail électronique créé par le gouvernement, pour que les proches sachent où leurs morts sont enterrés. Jorge Wated a précisé dimanche que les restes de 600 personnes identifiées avaient été enterrés dans deux cimetières de la ville.

En l'absence de place dans les morgues, la municipalité de Guayaquil a fait placer près des hôpitaux et de la police médico-légale des conteneurs frigorifiques qui servent de dépôt pour les cadavres. Des habitants ont mis en ligne des vidéos où l’on voit des camions remorquant des conteneurs frigorifiques entrant dans des cimetières.

(Avec AFP)

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