Accéder au contenu principal

Israël: Netanyahu et Gantz forment un gouvernement d'urgence

Après plusieurs tentatives, Benny Gantz (g) et Benyamin Netanyahu sont parvenus à un accord pour former un gouvernement d'union, ce lundi 20 avril.
Après plusieurs tentatives, Benny Gantz (g) et Benyamin Netanyahu sont parvenus à un accord pour former un gouvernement d'union, ce lundi 20 avril. JACK GUEZ / AFP
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz ont annoncé ce lundi 20 avril la formation d'un gouvernement d'union et d'urgence, mettant fin à la plus longue crise politique de l'histoire du pays en pleine pandémie de Covid-19. 

Publicité

Il a fallu 16 mois de gouvernement de transition, trois élections législatives et surtout une épidémie de coronavirus pour en arriver là. Ce lundi soir, juste avant le début de Yom Hashoah, le « jour de la Shoah », qui se tient du coucher du soleil lundi à la tombée de la nuit mardi en Israël, Benyamin Netanyahu et Benny Gantz se sont retrouvés pour sceller leur union. « Un accord pour la formation d'un gouvernement national d'urgence a été signé » par le chef du Likoud (droite) et le dirigeant du parti Bleu-Blanc (centriste), ont indiqué les formations des deux anciens adversaires électoraux dans un communiqué.

Le coronavirus à bout des engagements de Benny Gantz

Le 2 mars dernier, à l'issue de nouvelles élections législatives, les troisièmes en moins d'un an qui devaient enfin départager Benyamin Netanyahu et Benny Gantz, le président Reuven Rivlin avait confié au centriste la tâche de former le prochain gouvernement. En pleine pandémie de nouveau coronavirus, celui-ci avait créé la surprise en ouvrant la voie à un gouvernement « d'union et d'urgence » avec Benyamin Netanyahu inculpé pour corruption dans une série d'affaires, reniant ainsi son engagement de ne pas partager le pouvoir avec le Premier ministre sortant, tant que ce dernier n'avait pas réglé ses démêlés avec la justice.

Mais la semaine dernière, le mandat de Gantz avait échu et le président israélien avait mandaté la Knesset, le Parlement, de proposer d'ici un peu moins de trois semaines, un nouvel élu pour tenter de former un gouvernement. En parallèle, les camps des deux rivaux, qui disposent ensemble d'une majorité de voix au Parlement, avaient poursuivi leurs pourparlers en vue de la formation d'un gouvernement d'union.

Premier ministre alternant

Mais ces discussions semblaient se heurter à un obstacle : la procédure de nomination des juges, point crucial alors que le procès de Benyamin Netanyahu doit s’ouvrir le mois prochain. Finalement, l’accord signé ce lundi soir prévoit que les deux partis auront des représentants au sein de la commission chargée de nommer les magistrats. Mais Benyamin Netanyahu obtient un droit de veto sur la désignation des deux principaux procureurs du pays, précise notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

Les deux anciens adversaires devraient diriger le gouvernement en alternance, tous deux obtenant le titre de Premier ministre alternant durant la totalité de la législature. Benyamin Netanyahu pourra rester au gouvernement une fois qu’il laissera le poste de Premier ministre à Benny Gantz malgré ses mises en examen. Il pourra aussi entamer l’annexion de plusieurs pans de la Cisjordanie à partir du mois de juillet, en application du plan de Donald Trump. Cet accord, qui reprend bon nombre de ses positions de campagne, suscite toutefois la colère d’une partie de ses partenaires traditionnels : la formation nationaliste religieuse estime qu’elle ne pourra faire partie de ce gouvernement. Le Likoud doit désormais faire valider cet accord par les formations de droite qui faisaient partie de son gouvernement jusqu’à présent.

Des compromis inacceptables pour une grande partie de la coalition qu'il dirigeait. Sa formation Bleu-Blanc a perdu la moitié de ses députés. Benny Gantz souligne lui qu'il a réussi à éviter de quatrièmes élections et qu'il a réussi à préserver la nature démocratique du système israélien. Son entourage met aussi en avant qu'il est le premier à obtenir une date de départ de Netanyahu, mais même ses partisans reconnaissent qu'il y a bien peu de chances que cette date soit respectée.

Le soupçon entre les deux [Gantz et Netanayahu] reste entier et l'opinion n'est absolument pas convaincu que cet accord tiendra les trois ans pour lesquels il est signé. Ce qui est sûr, c'est que si cet accord est respecté, dans un an et demi, l'Etat d'Israël n'aura plus Benyamin Netanyahu comme Premier ministre mais comme vice-Premier ministre.

Denis Charbit

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.