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Yémen: les séparatistes déclarent l'autonomie du Sud, l'accord de paix rompu

Aidarous al-Zoubeidi, chef du Conseil de transition sudiste du Yémen, le 16 janvier 2020 à Aden.
Aidarous al-Zoubeidi, chef du Conseil de transition sudiste du Yémen, le 16 janvier 2020 à Aden. Saleh Al-OBEIDI / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les séparatistes du Yémen ont déclaré ce dimanche 26 avril l'autonomie de la partie sud du pays, déchiré par la guerre. Ce qui brise l'accord de paix avec le gouvernement et aggrave le long conflit avec les rebelles Houthis qui contrôlent une grande partie du Nord.

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Pour le Conseil de transition du Sud (STC), les responsabilités sont claires : le gouvernement yéménite, son ancien allié, n'a pas rempli ses obligations et a « conspiré » contre la cause du Sud.

« Le STC déclare l'autonomie dans le Sud à partir de minuit le samedi 25 avril 2020, ont ainsi affirmé les séparatistes dans un communiqué. Un comité d'autonomie commencera ses travaux sur la base d'une liste de tâches assignées par la présidence du Conseil. »

Une proclamation d'autonomie que la coalition menée par l'Arabie saoudite a officiellement rejeté quelques heures après.

Accord vite caduc

Pourquoi cette déclaration d'autonomie ? Mobilisés depuis longtemps pour l'indépendance, ils avaient pourtant signé un accord de partage du pouvoir à Riyad en novembre. L'accord mettait fin à une bataille pour le Sud qui les avait vu prendre le contrôle de la deuxième ville du pays, Aden.

Le mouvement séparatiste existait avant la guerre du Yémen, avant 2015, mais aujourd'hui, la dynamique de la guerre a suscité de nouvelles forces, de nouvelles coalitions politiques au Yémen. Notamment ce Conseil de transition qui domine militairement et politique la région d'Aden et certaines régions environnantes.

Franck Mermier, anthropologue et directeur de recherche au CNRS

Cependant, le pacte a vite été caduc. En cause, la non-application dans les temps de mesures-clés, dont la formation d'un nouveau gouvernement comprenant des représentants des Sudistes, ainsi que la réorganisation des forces militaires.

Crainte d'une propagation du coronavirus

La rupture entre les ex-alliés intervient alors que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement internationalement reconnu dans sa bataille contre les Houthis, a prolongé un cessez-le-feu unilatéral visant à freiner la pandémie de coronavirus. En avril, le Yémen a signalé son premier cas de Covid-19, dans l'Hadramaout, une province du sud contrôlée par le gouvernement, ce qui fait craindre une propagation de la maladie.

Alors que les Houthis ont rejeté l'accord de paix, les combats persistent dans ce pays ravagé par la guerre, qui a engendré ce que les Nations unies ont qualifié de « pire catastrophe humanitaire au monde ». Des dizaines de milliers de civils ont été tués au cours des cinq dernières années dans la guerre entre le gouvernement et les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran.

Le destin tragique du Yémen s'est récemment doublé d'une catastrophe naturelle. Au moins 21 personnes ont été tuées dans des inondations soudaines ce mois-ci, lorsque les rues d'Aden ont été submergées et des maisons détruites.

La proclamation de cette administration autonome sudiste a été faite dans la capitale émirienne, Abu Dhabi, et donc avec le soutien des Emirats arabes unis. Ce qui montre la qu'il y a là la démonstration d'une rivalité sous-jacente entre les deux grands partenaires de la coalition arabe que sont l'Arabie saoudite et les Emirats.

Franck Mermier, anthropologue, chargé de recherches au CNRS

(Avec AFP)

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