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En pleine épidémie de coronavirus, le président égyptien étend ses pouvoirs

Le président Abdel Fattah al-Sissi lors d'une visite du camp militaire d'Huckstep, à l'est du Caire, le 7 avril 2020.
Le président Abdel Fattah al-Sissi lors d'une visite du camp militaire d'Huckstep, à l'est du Caire, le 7 avril 2020. STRINGER / EGYPTIAN PRESIDENCY / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a ratifié plusieurs amendements à la loi sur l'état d'urgence déjà en vigueur depuis 2017. Une décision prise officiellement pour lutter contre le Covid-19, mais qui lui permet d’étendre encore un peu plus ses pouvoirs.

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Les ONG craignent que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi profite de la pandémie de Covid-19 pour étendre encore ses pouvoirs. Jeudi, Human Rights Watch (HRW) a dénoncé dans un communiqué les amendements, approuvés par le Parlement fin avril. Pour Ahmed Benchemsi, directeur de la communication de l'ONG au Moyen-Orient et Afrique du Nord, ce n'est qu'une « couverture » pour mettre en place de « nouveaux pouvoirs répressifs ». « La loi qui est en vigueur depuis 2017 donne au gouvernement, aux forces de sécurité, le pouvoir d’arrêter les gens indéfiniment, d’interroger des suspects avec pratiquement pas de surveillance de la justice, dénonce-t-il. Cette même loi autorise la surveillance de masse, la censure, la saisie des biens. Et tout cela sans aucune supervision de la justice. »

Les amendements, publiés au journal officiel jeudi soir, permettent au président d'ordonner la fermeture des écoles, la suspension des services publics, l'interdiction des rassemblements publics et privés et le placement en quarantaine des voyageurs entrant dans le pays. Ils permettent aussi au président de limiter le commerce de certains produits, de réquisitionner les centres médicaux privés et de transformer des écoles, centres éducatifs et autres établissements publics en hôpitaux de campagne. Le procureur militaire sera également autorisé à assister le ministère public pour enquêter sur des crimes rapportés par les forces armées responsables du respect des lois sous l'état d'urgence.

Une façon d'augmenter le degré de « répression »

Le pays est sous état d'urgence renouvelé depuis un attentat revendiqué par un groupe jihadiste affilié à l'organisation État islamique en avril 2017.

« Ce qui s’est passé, poursuit le représentant de HRW, c’est que tout cela était déjà en place avant la pandémie, avant le Covid-19. Mais le 22 avril, le Parlement égyptien a amendé cette loi en proposant encore de nouvelles possibilités de contrôle sans suivi judiciaire. Par exemple, maintenant, le président Sissi peut décider de fermer toutes les écoles, tous les tribunaux même, d’interdire tous les rassemblements publics, toutes les manifestations qui sont déjà interdites par ailleurs, toutes les festivités, y compris les rassemblements privés et même si cela n’a aucun rapport avec la santé. Alors pour résumer, ils se servent de la pandémie du Covid-19 pour augmenter encore plus le degré de répression du peuple égyptien qui est déjà très élevé. »

L’Égypte a enregistré officiellement près de 8 000 contaminations et 482 décès.

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