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Israël: le procès de Netanyahu pour corruption s’ouvre et met la coalition à mal

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, peu avant un discours à Jérusalem, le 14 mars 2020.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, peu avant un discours à Jérusalem, le 14 mars 2020. Gali Tibbon/Pool via REUTERS

Reconduit il y a peu à son poste, le Premier ministre doit comparaître ce dimanche 24 mai pour la première fois devant la justice. Mis en examen dans trois affaires, il va devoir s’expliquer sur des soupçons de corruption. Clamant son innocence, Benyamin Netanyahu a multiplié les attaques contre la justice. Mais pour la première fois fois en Israël, un chef du gouvernement se retrouve sur le banc des accusés.

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« Dossier 67-104-01-20, l’État d’Israël contre Benyamin Netanyahu. » Voilà le titre que le Premier ministre israélien a tout fait pour éviter. Il fait pourtant la Une du premier quotidien du pays et critique du pouvoir, Yedioth Ahronoth, avec la photo qu’il ne voulait pas non plus voir à la Une du journal : son portrait barré des mots « sur le banc des accusés ». « Le citoyen Netanyahu », souligne Israel Hayom. Le quotidien gratuit et proche du pouvoir affirme qu’il s’agit en réalité d’une bataille sur l’identité du pays, nous rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

Les journaux en Israël sont unanimes : c’est l’heure de vérité pour « Bibi », comme il est surnommé. Un « procès en pleine tempête », estime Maariv, qui décrit bien l’ambiance générale d’une bataille pour la survie du Premier ministre.

La presse rappelle, bien sûr, les trois chefs d’accusation : abus de confiance, fraude et surtout corruption. Les quotidiens présentent aussi les trois autres personnalités dans le box des accusés.

Les défenseurs de Netanyahu sont bien déterminés à se battre jusqu’au dernier centimètre, affirme le quotidien libéral Haaretz, qui rappelle les efforts du Premier ministre israélien au cours des 18 derniers mois pour échapper à la justice. Et dans ce journal, un chroniqueur souligne que tous les autres sujets que son procès, y compris l’occupation des territoires, sont relégués à l’arrière-plan et pour longtemps.

Tentatives de « politisation » de la Justice

Le chef de la police, le procureur d’État puis le procureur général : ces dernières années, les cadres du système judiciaire ont été tous publiquement attaqués par Benyamin Netanyahu, le Premier ministre les accusant de « chasse aux sorcières ».

Ces invectives et accusations fragilisent le pouvoir judiciaire, estime Yuval Shany. « Vous devez choisir votre camp, analyse le vice-président en charge de la recherche à l’Institut israélien de la démocratie, au micro de notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Si vous êtes avec Netanyahu, vous vous opposez à l’appareil judiciaire. Si vous êtes avec le système judiciaire, dans ce cas-là, vous devez être de gauche. Et cela politise un système qui pendant des années a été considéré comme au-dessus de l’arène politique. »

Benny Gantz et Bleu-Blanc dans une position « très délicate »

Dans l’accord de gouvernement, le mouvement Bleu-Blanc de Benny Gantz, qui a fait campagne contre ce qu’il qualifiait d’atteintes à l’État de droit de la part de Benyamin Netanyahu, a exigé d’obtenir le ministère de la Justice.

Ces attaques médiatiques du Premier ministre et ses alliés seront un défi majeur, prévient Yuval Shany : « Cela va mettre Bleu-Blanc dans une position politique très délicate. Ils vont se trouver entre le marteau et l’enclume parce qu’ils devront défendre publiquement la Cour, mais cela fragilisera de plus en plus leur accord avec le Likoud. »

Dès sa première semaine, le nouveau ministre de la Justice a dû dénoncer les propos d’un de ses collègues, membre du Likoud, qui qualifiait le Procureur général de « criminel présumé ».

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