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Pour le Venezuela, les pétroliers iraniens ne sont qu’un «soulagement temporaire»

Un Vénézuélien passe devant une sculpture à l'entrée de la compagnie nationale pétrolière PDVSA, à Caracas, le 17 mai 2019.
Un Vénézuélien passe devant une sculpture à l'entrée de la compagnie nationale pétrolière PDVSA, à Caracas, le 17 mai 2019. REUTERS/Ivan Alvarado
Texte par : RFI Suivre
3 min

Le premier pétrolier de cinq navires envoyés par l'Iran est arrivé ce dimanche 24 mai au Venezuela pour fournir près d'1,5 millions de barils de carburant. Le pays en manque cruellement, bien qu’il ait la plus grande réserve d’or noir au monde. Selon les experts, la livraison ne va pourtant pas résoudre la grave crise énergétique subie par les Vénézuéliens.

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro a célébré ce dimanche l'arrivée dans ses eaux du premier des cinq pétroliers que l'Iran lui a envoyés, qui transporteraient un total d'1,5 million de barils de produits pétroliers, selon le président.

C'est une bouffée d'oxygène que le gouvernement de Nicolas Maduro promet avec l'arrivée de pétroliers iraniens au Venezuela. Le pays traverse des pénuries de toutes sortes, notamment de pétrole. Ces dernières se sont aggravées avec la pandémie de coronavirus.

Selon Paula Vasquez, chargé de recherches au CNRS, ces livraisons de carburant iranien ne sauraient resoudre la grave crise énergétique que traverse le Venezuela. « C’est un soulagement très temporaire. Avant, lorsque le Venezuela raffinait son pétrole et produisait son essence, rien que la raffinerie de Paraguana produisait un million de barils par jour, affirme la chercheuse. Ce qui veut dire que le Venezuela, il y a 20 ans, était en capacité de produire en un jour ce qu’un navire emmène. »

En ce moment il y a toute une discussion, justement politique, par rapport à la question de la distribution du carburant qui va arriver: Qui va être prioritaire, Quelles zones du pays on va privilégier et avec quels critères on va faire cette répartition ? parce que la situation est dramatique. Il y a les besoins liés à l’approvisionnement de nourriture. Le Venezuela, en fait, est un pays qui n’a pas développé un réseau de trains, ce qui est assez courant dans les pays pétroliers. Sa seule manière de faire fonctionner les chaînes d’approvisionnement, c’est le carburant.

La chercheuse Paula Vasquez se demande qui au Venezuela profitera des livraisons iraniennes, qui ne sont pas la solution

Caracas s’immisce dans les tensions entre Washington et Téhéran

Ces envois propulsent Caracas au centre des relations conflictuelles qu'entretiennent l'Iran et les États-Unis depuis plus de 40 ans. À l'annonce du départ pour le Venezuela des pétroliers iraniens, de hauts fonctionnaires de l'administration américaine ont d’ailleurs exprimé leur « préoccupation » devant « le rôle de plus en plus important » de l'Iran au Venezuela.

Face à ces tensions, Caracas a averti que le pays refuserait toujours de « s'agenouiller » devant Washington. De son côté, Téhéran a mis en garde ces derniers jours contre des « conséquences » si les États-Unis empêchaient par des manœuvres de leur marine la livraison de produits pétroliers iraniens au Venezuela. L'armée américaine, pourtant déployée massivement dans les Caraïbes, ne s'est pas interposée au passage du premier pétrolier iranien.

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