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Entre pandémie de coronavirus et crise économique, le retour à la terre des Libanais

Le réalisateur libanais Michel Zarazir fait partie de ces célébrités qui pratiquent le retour à la terre pour adoucir les effets de la crise économique, mai 2020.
Le réalisateur libanais Michel Zarazir fait partie de ces célébrités qui pratiquent le retour à la terre pour adoucir les effets de la crise économique, mai 2020. REUTERS/Mohamed Azakir
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Dans une tribune signée dans le Washington Post le 20 mai dernier, le Premier ministre libanais Hassan Diab met en garde contre une crise alimentaire majeure au Liban. Le pays, qui importe 85 % de ses besoins, est frappé par la pire crise économique et financière de son histoire, qui se manifeste notamment par une pénurie de devises limitant ses capacités à financer ses importations. En raison de la montée vertigineuse des prix et du confinement, le retour à la terre est devenue une des grandes tendances au Liban.

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De notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Plus qu’une tendance, c’est un véritable phénomène. La peur de l’avenir, la hausse des prix des produits alimentaires, l’érosion du pouvoir d’achat, ont poussé de nombreux Libanais à planter et à cultiver fruits et légumes.

Dans le même temps, le confinement a provoqué un exode de la ville vers les villages, l'occasion pour des dizaines de milliers de familles de renouer le lien avec la terre. Un lien rompu depuis parfois des générations.

Ce phénomène ne se limite pas seulement aux zones rurales. Même dans les villes, des habitants cultivent leur jardin, ou plantent sur leurs balcon ou toit. Dans les supermarchés, les rayons jardinage n’ont jamais connu une telle affluence. Plusieurs pépiniéristes interrogés par RFI ont déclaré avoir vendu, ces trois derniers mois, en moyenne cinq fois plus de plants et de graines que les années précédentes.

Encouragements des autorités mais pas de plan national

La mise en garde du Premier ministre traduit l’inquiétude des autorités. Le gouvernement a pris des mesures pour encourager et aider les Libanais à exploiter leurs terres longtemps laissées à l’abandon. Fin mars, le ministre de l’Agriculture a appelé les agriculteurs et les Libanais qui possèdent un jardin à le cultiver pour garantir autant que possible la sécurité alimentaire du pays. Certaines municipalités ont également recensé les terres abandonnées ou inexploitées pour cultiver notamment le blé, vu que le Liban importe presque 100 % de cette denrée.

Cependant, il n’existe pas encore de véritable plan national pour soutenir et développer l’agriculture qui ne représentait plus que 3,5 % du PIB l’année dernière. Le Parlement a voté la semaine dernière une enveloppe d’un montant équivalent à 100 millions d’euros pour soutenir l’économie productive, notamment l’agriculture et l’industrie. Il faudra néanmoins du temps pour que les premiers résultats apparaissent.

Initiatives citoyennes et associatives

Les ONG et les associations actives dans le domaine de l’agriculture et du développement rural ont le vent en poupe ces derniers temps. Des campagnes de sensibilisation et de formation à la culture de la terre sont organisées dans les villages. Elles s’accompagnent parfois de distribution gratuite de plants et de graines.

De nombreuses initiatives ont par ailleurs vu le jour dans le même objectif. L’une d’elles a été lancée par la célèbre réalisatrice Nadine Labaki et de nombreux partenaires engagés dans l’agriculture durable et l’environnement. Une vidéo visant à encourager l’agriculture urbaine circule sur les réseaux sociaux et sur des médias locaux. On y voit des célébrités et des habitants en train de cultiver plantes et légumes sur leur toit ou leur balcon.

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