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États-Unis: la loi «César» entre en application pour mettre la Syrie sous pression maximale

Dans le centre de Damas, le 22 avril 2020.
Dans le centre de Damas, le 22 avril 2020. REUTERS/Yamam Al Shaar/File Photo
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La paix ou les sanctions. Washington met en garde le régime syrien. La loi « César », votée par le Congrès américain, entre en application ce mercredi 17 juin. Son objectif est de mettre sous pression maximale Damas. Deux options s’offrent désormais au président Bachar el-Assad : une résolution politique du conflit ou bien de nouvelles sanctions économiques alors que son pays est déjà très affaibli.

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« César », c’est le nom de code d’un photographe militaire syrien. En 2013 ce lanceur d’alerte fait défection et emporte avec lui 55 000 clichés. Des photos classifiées documentant l’horreur dans les prisons du régime.

Baptiser cette loi « César », « c’est un hommage à celui qui a voulu rendre justice aux victimes des forces de Bachar el-Assad », avait précisé le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo.

Dans le détail, cette nouvelle loi vise quatre secteurs : les hydrocarbures, l’aéronautique militaire, les finances et la construction. Elle cible aussi bien les entreprises que les personnes qui collaborent avec le régime. Peu importe leur nationalité, syrienne ou étrangère.

La loi « César » intervient alors que la Syrie est déjà étranglée économiquement. Afin d’épargner la population, le législateur américain a prévu des exemptions concernant l’aide humanitaire.

La situation économique en Syrie est déjà catastrophique, et cette loi américaine, la loi César, risque d’aggraver les choses. En Syrie, nous n’avons d’autre choix que de résister, jamais nous ne capitulerons. S’il faut manger du pain rassi, nous mangerons du pain rassi.Le président américain est un âne qui ne comprend rien à rien. Cela fait dix ans que notre pays est en guerre et nous n’avons jamais baissé les bras. S’il faut encore faire des sacrifices on les fera. Cette loi César, c’est une forme de terrorisme économique.

Illia Qajamini, intellectuel syrien, pro régime,

Washington peut également suspendre cette loi à n’importe quel moment. La Maison Blanche propose en réalité un marché à Damas : cesser les bombardements et accepter de juger les responsables de crime de guerre syriens ou, dans le cas contraire, faire face aux sanctions américaines.

Les nouvelles sanctions américaines ont pour objectif d' « affamer » la Syrie en guerre et le Liban voisin, a accusé mardi le chef du mouvement libanais du Hezbollah, militairement engagé aux côtés de Damas. « La loi César [...] vise à affamer le Liban comme elle vise à affamer la Syrie », a fustigé le chef du mouvement chiite, Hassan Nasrallah, dans une allocution retransmise sur les télévisions. Il a estimé que la loi en question était « la dernière arme » des États-Unis contre le pouvoir de Damas.

Le Liban, frappé par une grave crise économique et financière, aura beaucoup plus de mal à s’adapter à cette loi, explique le correspondant de RFI à Beyrouth, Paul Khalifeh. Le pays du cèdre risque d’être privé d’un marché potentiel pour ses produits et pour ses entreprises de bâtiment et de travaux publics, à un moment où il en a le plus besoin. Cinq banques libanaises implantées en Syrie envisagent de quitter le marché syrien et de nombreux hommes d’affaires qui espéraient profiter du vaste chantier de la reconstruction craignent d’être la cible des sanctions américaines. 

 

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