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Irak: la Turquie lance une vaste opération militaire contre les rebelles kurdes

Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar suit le déploiement de l'opération «Griffe d'aigle», le 14 juin 2020.
Le ministre turc de la Défense Hulusi Akar suit le déploiement de l'opération «Griffe d'aigle», le 14 juin 2020. Turkish Ministry of Defense Press Office / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La Turquie a annoncé mercredi le déploiement de forces spéciales dans le nord de l’Irak, dans le cadre d’une opération terrestre contre les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. L'opération, qui fait suite à d'intenses frappes aériennes, est appuyée par l'aviation et l'artillerie turques.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

C’est une opération d’ampleur, la plus grande de l’armée turque dans le nord de l’Irak depuis au moins cinq ans. L’opération « Griffe d’aigle », comme l’a baptisée Ankara, avait commencé dans la nuit de dimanche à lundi par des frappes aériennes couvrant une vaste zone allant des monts Sinjar, à l’ouest, aux monts Qandil, à l’est, à grand renfort d’avions de chasse et de drones.

Deux jours plus tard, l’opération est donc entrée dans sa phase terrestre, sous le nom d’opération « Griffe du tigre », avec le déploiement de forces spéciales. L’incursion des commandos turcs, appuyée par des hélicoptères de combat et des drones armés, a été précédée d’un intense bombardement d’artillerie, a affirmé le ministère turc de la Défense sur son compte Twitter, où il publie plusieurs fois par jour des vidéos de l’opération.

Le PKK ciblé

Selon le ministère, l’armée turque vise des bases du Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, installé depuis une trentaines d’années dans les monts Qandil. La région du Sinjar, elle, est une cible plus récente d’Ankara, qui soutient que le PKK utilise ce massif montagneux comme couloir pour relier ses bases barrières de Qandil au nord-est de la Syrie. Mais le Sinjar est aussi la terre des Yézidis, une communauté qui a subi les massacres du groupe État islamique en 2014.


► ANALYSE

« L’offensive est très certainement menée avec l’accord du gouvernement irakien»

Si Bagdad a officiellement protesté contre le déploiement turc, c’est une réaction a minima estime le politologue irakien Ahmed Rushdi, contacté par RFI à Bagdad. Selon lui, cette offensive est menée avec la bénédiction des autorités irakiennes.

« L’offensive turque est très certainement menée avec l’accord du gouvernement irakien, ou en tout cas avec celui du Premier ministre irakien. Il y a trois jours, avant le début de cette offensive, le chef du renseignement turcs était ici à Bagdad. Et il s’est entretenu avec le Premier ministre irakien Mostafa al-Kazimi.
Donc cette visite signifie certainement qu’il est venu prévenir les autorités irakiennes et qu’il a eu le feu vert pour que son pays lance cette offensive dans le nord de l’Irak. Mostafa Al Kazaimi est Premier ministre depuis peu. C’est un homme qui a de l’estime pour la Turquie. Il a conscience que la Turquie est une grande puissance qui a des liens avec les autres grandes puissances comme les États-Unis. À la suite de cette offensive, c’est vrai que Bagdad a convoqué l’ambassadeur turc en Irak pour protester. Mais pour moi cela reste une simple mesure d’affichage, c’est de la diplomatie.
 »

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