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Reportage

Les habitants du nord de l'Irak terrifiés par les bombardements turcs

Des combattants du PKK sur une route dans les montagnes Qandil dans le Kurdistan irakien le 22 juin 2018 (image d'illustration).
Des combattants du PKK sur une route dans les montagnes Qandil dans le Kurdistan irakien le 22 juin 2018 (image d'illustration). AFP PHOTO/SAFIN HAMED

L’opération « Griffe du tigre », lancée par l'armée turque, continue dans le nord de l'Irak. Depuis le début de semaine une large campagne de bombardements a pris pour cible les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan, suivie, ce mercredi, par une intervention terrestre des forces spéciales turques. Un responsable kurde où les combats ont lieu a déclaré ce vendredi qu'un berger avait été tué. La première victime civile de cette offensive turque. Les habitants sur place sont terrifiés.

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Cela fait 5 jours que les habitants du nord de l'Irak vivent au rythme des bombardements turcs.  Ahmed, 28 ans, habite proche de Haftenin où les combats ont lieu. Il organisait un pique-nique avec des amis lorsque les bombes ont commencé à pleuvoir devant eux. « On a entendu une explosion et puis on a vite compris qu'il s'agissait d'une frappe aérienne contre la montagne qui nous faisait face, raconte-t-il. On a pris peur car on s'est dit qu'on pourrait être pris pour cible par erreur. »

Les incursions turques sont courantes dans le nord de l'Irak, mais l'opération Griffe du Tigre a surpris les habitants par son ampleur et sa durée, comme l'explique Haji Sindi, 27 ans. Il habite avec sa famille dans la ville de Zakho, à une trentaine de kilomètres au sud des combats en cours : « Cette fois, ils bombardent des régions qu'ils ne bombardaient pas avant. Même à Zakho on peut entendre le son des avions. Beaucoup de gens sont partis de chez eux. N'importe qui peut être tué n'importe quand. »

Pour ce jeune Kurde, la responsabilité incombe autant à la Turquie qu'aux rebelles du PKK, installés dans la région : « Le PKK devrait partir de ces régions parce qu'il dérange la population locale, et à cause de lui beaucoup de personnes ne peuvent pas venir ici librement. Mais la Turquie doit aussi cesser ses bombardements parce que de nombreuses vies sont en danger. »

Convoqué par Bagdad, l'ambassadeur turc a déclaré que l'opération continuerait tant que le PKK ne serait pas expulser d'Irak.

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