Face à l'inflation galopante, les Libanais doivent composer avec les privations

Une femme passe devant une bijouterie de Beyrouth qui indique racheter de l'or et payer en dollars le 6 juillet 2020.
Une femme passe devant une bijouterie de Beyrouth qui indique racheter de l'or et payer en dollars le 6 juillet 2020. AP Photo/Hussein Malla

Au Liban, la situation devient « rapidement hors de contrôle » a déclaré ce vendredi 10 juillet Michelle Bachelet. La Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a appelé à la protection des plus vulnérables, Libanais, réfugiés ou migrants. La crise économique et financière est aggravée par les tensions régionales entre Washington et Téhéran. Elle se traduit par une déflagration sociale : l’inflation est galopante dans les commerces où la plupart de ce qui est consommé est importé. 

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Avec notre correspondante à Beyrouth, Laure Stéphan

En lisière de Beyrouth, un centre commercial à Ain El-Remmaneh est comme un lieu fantôme. La plupart des magasins ont fermé. Le confinement est passé par là, la crise aussi, qui s’accompagne d’une perte de la valeur de la monnaie locale et des salaires.

« Vraiment, les prix ont beaucoup augmenté. On achète seulement ce qui est indispensable pour vivre comme la nourriture ou les médicaments par exemple », explique Mirna, une enseignante-chercheuse.

La viande fait partie des produits devenus hors de prix pour beaucoup de Libanais. Mazaya l’a rayée de ses listes, elle se contente du nécessaire. « Mon travail s'est arrêté depuis quelques mois, tout est très cher. Notre souci maintenant c'est juste de manger. On utilise ce que l'on a pour s'habiller, témoigne-t-elle. Tout ce que l'on entend est négatif, mais tout ce que l'on pense est positif. On force la positivité ».

Si Mazaya refuse de se laisser abattre, Fadi, bijoutier, est empli de colère. Faute de clients, il ne gagne plus d’argent et a des prêts à rembourser. « Si je veux aller au supermarché, je sais que les prix sont devenus très élevés. Ce n’est pas facile pour nous. Je n’ai plus de rentrée d’argent. Je veux quitter le Liban, car n’ai plus aucun espoir en ce pays », se désespère-t-il.

Le seul plan de sauvetage qui était sur la table était celui présenté par le gouvernement au FMI. Mais les négociations ont été suspendues.

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