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Syrie: l'ONU réactive l'aide transfrontalière mais en la réduisant

Vue du camp de déplacés syriens de la province d'Idleb à Alep, près de la ville de Maaret Misrin, dans le nord-ouest de la Syrie, le 11 juillet 2020.
Vue du camp de déplacés syriens de la province d'Idleb à Alep, près de la ville de Maaret Misrin, dans le nord-ouest de la Syrie, le 11 juillet 2020. OMAR HAJ KADOUR / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au terme d'une semaine de divisions et pas moins de sept scrutins au Conseil de sécurité, le nouveau dispositif transfrontalier de passage de l’aide humanitaire vers le nord-ouest de la Syrie a enfin été voté : l’aide distribuée par l’ONU et des ONG ne pourra plus transiter que par un seul point, contre quatre jusqu’en décembre dernier, puis deux jusque vendredi. Ces points transfrontaliers avaient justement dû être fermés quelques heures hier, faute d’avoir été renouvelés à temps par les diplomates.

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C’est l’une des batailles les plus âpres entre les membres du Conseil de sécurité depuis le début de l’année. Et la Russie a remporté la manche finale en forçant les autres membres du Conseil à se ranger à son avis : ne plus utiliser qu’un seul point transfrontalier pour l’aide humanitaire transitant vers le nord-ouest de la Syrie, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten.

Pourtant par trois fois, les 13 autres pays du Conseil avaient mis en garde des conséquences dramatiques qu’aurait la fermeture du point près d’Alep pour 1,3 million de réfugiés civils. Moscou a été inflexible, arguant que l’aide humanitaire devait désormais passer encore plus par l’intérieur du pays, avec l’aval de Damas. La Russie n’a pas hésité à utiliser deux vetos successifs, épaulée par la Chine, pour parvenir à ses fins.

L’Allemagne et la Belgique, co-auteures de la résolution, n’ont eu d’autre choix que de proposer dans un scrutin final ce samedi de garder seulement le point de passage menant à Idleb, faute de quoi, tout le dispositif aurait été fermé

Le seul point de passage est désormais celui de Bab al-Hawa

Seul le point de passage de Bab al-Hawa, entre la Turquie et la province d’Idleb, contrôlée en grande partie par les jihadistes, pourra donc encore être utilisé pour faire parvenir l’aide à quelque trois millions de personnes, précise notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Pour Moscou, l’acheminement de l’aide à la population syrienne doit se faire en coordination avec Damas et toute autre option constitue à ses yeux une violation de la souveraineté de son allié syrien. La Russie avait déjà réussi l’année dernière à éliminer deux autres passages avec la Jordanie et l’Irak.

Idleb, où la population vit dans des conditions humanitaires difficiles, ne sera pas affectée par le nouveau dispositif. On ne peut pas en dire autant du nord d’Alep, sous contrôle turc. Les habitants de cette région comptaient sur l’aide apportée par les agences de l’ONU et d’autres ONG internationales pour assurer leurs besoins de base. Si Ankara et Damas ne compensent pas le manque provoqué par la réduction du dispositif d’acheminement de l’aide internationale, la situation humanitaire pourrait se dégrader à l’approche de l’hiver.

« Il n'arrivera que des miettes »

Pour Salam Kawakibi, politologue et directeur du Centre arabe de recherches et d'études politiques, en procédant ainsi, « il va y avoir une aide humanitaire limitée, très limitée. Il va y avoir aussi des pressions, […] des menaces armées contre les convois humanitaires… La situation va être encore plus catastrophique dans les prochains mois. […] Déjà à l’intérieur des zones contrôlées par le régime, l’aide humanitaire ne parvient pas. Comment va-t-elle parvenir à d’autres régions en guerre avec le régime ? Même s’ils prétendent pouvoir envoyer des choses vers l’Est, le Nord-Est, ce qui n’est pas du tout prouvé, il n’arrivera que des miettes. »

La Grande-Bretagne a dénoncé la politisation faite par Moscou et Pékin de l’aide humanitaire en Syrie.

À lire aussi : Syrie: le double veto russo-chinois à l'ONU, «un blocus contre la population»

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