Reportage

Un Aïd au goût amer pour les réfugiés syriens du nord du Liban

Vue d'un camp de réfugiés syriens dans l'est du Liban près de la ville d'Arsal (image d'illustration).
Vue d'un camp de réfugiés syriens dans l'est du Liban près de la ville d'Arsal (image d'illustration). AP Photo/Bilal Hussein

L’Aïd est célébré ce week-end par les musulmans du monde entier dans des circonstances particulières en raison du coronavirus. Au Liban, des mesures de confinement ont été imposées face à une remontée du nombre de cas. Mais plus que l’épidémie, c’est surtout la crise économique et l'inflation qui l'accompagne qui a empêché de célébrer cette fête comme chaque année. Reportage.

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Avec notre envoyée spéciale au Liban, Oriane Verdier

Entre les grandes tentent blanche du camp de réfugiés, des enfants s'amusent. Leur mère, heureuse de leur bonheur, les surveille en souriant. « Ils jouent dans la rue, ils rient et se font des blagues. Je leur ai fait un bon repas qu'ils ont mangé, raconte-t-elle. Du yaourt grec avec des petits morceaux de viande et du riz. Tout est cuit ensemble c'est comme une soupe. A côté il y a du riz avec des vermicelles. On a acheté 200 grammes de viande pour l'occasion. C'est peu. Le kilo est à 45 000 livres libanaises et on n'avait que 10 000 nous. On ne a fait un bouillon et on la cuisiné. On est 8 au total et on ne sait jamais si on aura des visiteurs ».

Dans une des tentes, Agham, elle, n'a pas le coeur a la fête. La crise économique a privé son mari d'un emploi. Même en faisant des sacrifices, elle n'avait plus de quoi soigner sa fille. « Ma fille était malade, je voulais la faire hospitaliser. Ils ont refusé de le faire. Ils voulaient que l'on avance 200 000 livres libanaise. Je n'ai pas eu le temps de les réunir. Elle avait trois ans et un mois quand elle est décédée. Ça fait six mois. Pendant les fêtes moi je reste à la maison. Depuis que ma petite est décédée, je n'arrive à prononcer les mots "joyeuses fêtes" devant personne ».

Angham affirme qu'avant la situation n'était pas si mauvaise. Ses enfants pouvaient manger de la viande chaque semaine. Aujourd'hui ils en mangent plus que deux repas par jour. 

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