«Crime du Fairmont»: l'Egypte secouée par un nouveau scandale d’agression sexuelle

Vue générale de l'hôtel Fairmont, au Caire, le 30 juillet 2020.
Vue générale de l'hôtel Fairmont, au Caire, le 30 juillet 2020. AFP/Samer Abdallah

« Le crime du Fairmont » comme l’ont baptisé les internautes qui ont révélé l’affaire, concerne le viol en réunion d’une jeune fille droguée dans un hôtel cinq étoiles du Caire, la capitale.

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De notre correspondant au Caire,

Même si l’affaire remonte à 2014, la publication récente sur les réseaux sociaux par des lanceurs d’alertes d’une vidéo filmée à l’époque par les violeurs présumés a provoqué l’émoi des internautes. « Le gang des violeurs », selon les réseaux qui ont donné le nom de six à huit jeunes gens, est intouchable vu que ses membres sont les fils de personnalités puissantes, riches ou célèbres. Nul n’avait donc osé, jusqu’à présent, les dénoncer. L’affaire a pris une dimension nationale et même interarabe quand plusieurs chaînes de télévision privées se sont saisies du « crime du Fairmont ».

Plusieurs comptes de lanceurs d’alertes ont été fermés sur les réseaux sociaux après une campagne de « cancel ». Des menaces allant jusqu’à la mort auraient même été envoyées par le « gang des violeurs » à la victime et à ceux qui la défendent pour les intimider. Ceux-ci ont répondu par l’ouverture de nouveaux comptes qui ont diffusé la vidéo incriminante.

Levée de tabous

Le Conseil national pour la femme, un organisme étatique, a appelé toute personne victime d’agression sexuelle à procéder à une dénonciation officielle devant le parquet. Pour le moment, l’affaire est en suspens du fait de la trêve de l'Aïd et de ses congés.

Mais elle est révélatrice d’une levée des tabous concernant les agressions sexuelles en Egypte. Une éditorialiste dénonce dans le journal cairote indépendant El Watan une société sexiste, tolérante pour les crimes d’honneur et l’excision, mais qui jette en prison quelques pauvres filles qui dansent sur les réseaux sociaux.

Ces mêmes réseaux sociaux s’en prennent ouvertement à des cheikhs islamistes et même à l’institution officielle d’al-Azhar et la bourgeoisie conservatrice, accusés d’encourager indirectement les violences contre les femmes qui refusent de se soumettre aux diktats religieux ou sociétaux. Impensable il y a quelques années, avant les chaînes de télévision satellitaire et surtout Internet et ses 42 millions d’utilisateurs égyptiens.

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