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Entretien

Elisabeth Byrs (PAM): «Tous les moyens seront bons pour transporter l’aide alimentaire au Liban»

Les habitants de Beyrouth, pour certains privés de toits, doivent faire face à une pénurie alimentaire.
Les habitants de Beyrouth, pour certains privés de toits, doivent faire face à une pénurie alimentaire. REUTERS/Aziz Taher
4 mn

Après la double explosion qui s'est produite à Beyrouth, le mardi 4 août, une crise alimentaire est redoutée au Liban. Près de 120 000 tonnes de produits alimentaires, principalement des céréales, ont été détruits. Pour Elisabeth Byrs, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) à Genève, il y a urgence à agir.

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RFI: Après le drame de mardi, quels sont les besoins des Libanais pour assurer leur sécurité alimentaire ?

Elisabeth Byrs: La situation, qui était déjà très compliquée, ne va qu’empirer. Nous allons devoir augmenter nos opérations pour apporter une aide d’urgence. Nous allons envoyer des rations alimentaires aux familles les plus pauvres et les plus touchées par ce drame. Dans le même temps, nous continuons à aider près de 800 000 personnes au Liban.

Les 120 00 tonnes de céréales et produits alimentaires détruits représentent une perte inimaginable. Heureusement, le Programme alimentaire mondial avait entreposé ses stocks dans un autre endroit qui n’a pas été touché. Avec l’appel que nous lançons à la communauté internationale, nous espérons pouvoir monter en puissance dans notre aide alimentaire.

Le PAM est en charge de la logistique pour l’aide alimentaire. Comment se fera l’approvisionnement sachant que le port de Beyrouth est totalement détruit ?

Nous allons trouver des solutions. Nous avons aussi bien du ravitaillement par avion-cargo que par bateau. Tous les moyens seront bons pour transporter de l’aide alimentaire, mais nous allons continuer d’utiliser le port de Beyrouth autant que possible. Le port de Tripoli est également envisagé, mais c’est actuellement à l’étude. Le Liban dépend des importations alimentaires et elles avaient déjà beaucoup diminué avant l’explosion donc c’est pour nous un point très important. Nous allons également mettre l’accent sur l’aide par bons d’achat et par cartes électroniques afin que la population puisse aller acheter ce dont elle a besoin.

Sur place, certains craignent déjà une « famine ». Est-ce la réalité ?

Des études montrent qu'avant l’explosion, la moitié des Libanais s’inquiétaient de leur sécurité alimentaire. Le prix moyen du panier a plus que doublé ces six derniers mois suite à la crise économique lié au Covid-19. Cependant, le terme de « famine » est à utiliser avec grande précaution. Il y a cinq phases pour déclarer une famine dans un pays. Le Liban est actuellement entre la phase 3 et la phase 4. Une aide d’urgence est nécessaire, sachant que l’épidémie a ajouté un stress supplémentaire à la population libanaise.

Depuis 2012, le PAM a injecté près de 2 milliards de dollars dans l’économie libanaise à travers l’assistance en bons d’achat ou en cash. Nous serons là pour éviter que la situation alimentaire ne s’aggrave. Elle va être critique et difficile, mais nous sommes encore loin d’une famine.

►À lire: Port de Beyrouth: la catastrophe qui s’ajoute au naufrage économique

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