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Liban: le gouvernement déclare l'état d'urgence pour deux semaines

Le 6 août 2020: le port de Beyrouth dévasté par l'explosion du 4 août.
Le 6 août 2020: le port de Beyrouth dévasté par l'explosion du 4 août. REUTERS/Issam Abdallah
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Liban, le bilan de la double explosion qui a dévasté la capitale Beyrouth mardi 4 août s’est encore alourdi, s’élevant désormais à 137 morts et plus de 5000 blessés. Le gouvernement libanais a décrété l’état d’urgence pour deux semaines dans la capitale, où doit atterrir ce jeudi 6 août le président français Emmanuel Macron pour exprimer le soutien et la solidarité de la France.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

À Beyrouth, des dizaines de personnes sont toujours portées disparues. Les opérations de secours se poursuivent dans plusieurs directions. Sur le port, les recherches continuent pour essayer de retrouver les corps d’un grand nombre de soldats et de pompiers, disparus alors qu’ils tentaient d’éteindre l’incendie qui s’est déclaré juste avant la double explosion. Les destructions sur ce site sont presque totales. Il ne reste plus aucune structure debout. Même les silos ont été sérieusement endommagés.

Des centaines de milliers de sans-abris

Les efforts continuent aussi pour organiser les soins aux blessés dans le but de désengorger les hôpitaux, qui étaient pratiquement saturés, d'autant plus que quatre établissements sont hors service, selon le ministre de la Santé. L’installation de deux hôpitaux de campagne fournis par le Qatar devrait améliorer la situation.

L’autre défi de taille est la gestion des sans-abris, dont le nombre s’élèverait, selon le gouverneur de Beyrouth, à 300 000 personnes. Sur ce plan, le Liban compte essentiellement sur la solidarité nationale et l’aide internationale. Pendant ce temps, l’armée libanaise, investie d’importants pouvoirs dans le cadre de l’état d’urgence, est chargée de superviser le processus d’évaluation des dégâts.

L'enquête est en cours

Sur le plan de l’enquête, le gouvernement veut aller vite. Il a donné seulement cinq jours aux enquêteurs pour présenter leurs conclusions. Il a aussi réclamé l’assignation à résidence des personnes suspectées d'être impliquées dans le stockage du nitrate d'ammonium sur le port de Beyrouth.

De nouveaux détails commencent à apparaître. Le directeur des douanes, Badri Daher, a confirmé qu’un dépôt de feux d’artifice se trouvait effectivement près du hangar où étaient entreposées les 2 700 tonnes de nitrate d’ammonium. Le fonctionnaire a révélé avoir alerté la justice à six reprises et de manière officielle sur le danger du stockage de cette matière hautement explosive dans le port.

► À lire aussi : Pourquoi Emmanuel Macron s'empresse-t-il d'aller à Beyrouth?

Le quartier de Mar Mikhael, à Beyrouth, le 5 août 2020, au lendemain de l'explosion qui a ravagé la capitale libanaise.
Le quartier de Mar Mikhael, à Beyrouth, le 5 août 2020, au lendemain de l'explosion qui a ravagé la capitale libanaise. AFP/Patrick Baz

 

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