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Liban: le Premier ministre va proposer des élections législatives anticipées

Le Premier ministre libanais Hassan Diab devrait proposer des élections anticipées lors du Conseil des ministres lundi 10 août.
Le Premier ministre libanais Hassan Diab devrait proposer des élections anticipées lors du Conseil des ministres lundi 10 août. Dalati Nohra/Lebanese Government via AP
Texte par : RFI Suivre
16 mn

Alors que des milliers de personnes manifestaient leur colère samedi 8 août à Beyrouth contre le pouvoir en place après la double explosion qui a frappé la capitale libanaise, le Premier ministre Hassan Diab a annoncé qu'il allait proposer des élections législatives anticipées.

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Le patriarche de l'Eglise chrétienne maronite du Liban, Bechara Boutros al-Raï, appelle ce dimanche le gouvernement libanais à démissionner s'il est incapable de réformer sa manière de gouverner.

Seules « des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle », estimait hier le chef du gouvernement libanais. Dans un discours télévisé, Hassan Diab a appelé ce samedi « toutes les parties politiques à s'entendre sur l'étape à venir ». Leurs responsables « n'ont pas beaucoup de temps, je suis prêt à continuer à assumer mes responsabilités pendant deux mois jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord », a-t-il ajouté. Ces législatives anticipées sont une des principales revendications de l’opposition parlementaire et du mouvement de contestation.

Je demande à tous les partis politiques de se mettre d'accord...

Hassan Diab : «Je vais proposer ce lundi en Conseil des ministres la tenue d'élections législatives anticipées»

Hassan Diab a formé son cabinet en janvier après la démission de Saad Hariri fin octobre sous la pression d'un mouvement de protestation populaire. Désormais, il veut aller vite. Il a annoncé qu’il proposerait dès lundi au Conseil des ministres un projet de loi pour la tenue de ces nouvelles élections, afin de sortir de la crise qu’il a qualifiée de « structurelle ».

Cette annonce est intervenue alors que des milliers de Libanais manifestaient depuis la mi-journée dans le centre-ville de Beyrouth, demandant des comptes au pouvoir après l'explosion au port de la capitale mardi qui a dévasté des quartiers entiers et qui a fait plus de 150 morts et 6 000 blessés. Ce rassemblement a dégénéré par endroits dans la soirée avec des violences entre manifestants et forces de l'ordre, tandis que d'autres protestataires occupaient pendant quelques heures le ministère des Affaires étrangères, le proclamant « quartier général de la Révolution ». Le bilan des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre est de un mort, un agent de police, et 223 blessés.

Démissions

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À la colère de la population s’ajoute celle de personnalités politiques. Plusieurs députés ont ainsi démissionné ce samedi pour dénoncer « l’incurie et la corruption du pouvoir », rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Parmi eux, le chef du parti chrétien Kataëb Samy Gemayel a annoncé sa démission avec les deux autres représentants de sa formation au Parlement, à l’issue des obsèques du secrétaire général de ce parti tué lors de la double explosion. La députée indépendante Paulette Yacoubian a aussi démissionné, appelant ses collègues à lui emboîter le pas dès lundi.

Le député druze Marwan Hamadé avait été le premier à ouvrir le bal en claquant la porte du Parlement dès mardi soir, quelques heures seulement après la catastrophe.

Le chef du parti chrétien des Forces libanaises, Samir Geagea, a quant à lui annoncé que ses députés ne démissionneraient que si des élections anticipées étaient organisées le jour suivant. A ce stade de la crise, pas de signes de démission non plus du côté du chef druze Walid Joumblatt, qui avait réclamé des électins anticipées sur la base d'une loi électorale non communautaire. Pas de réaction non plus, pour l'instant, du plus grand bloc sunnite dirigé par l’ancien Premier ministre Saad Hariri, dont la décision sera cruciale.

Ziad Majed, politologue franco-libanais

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