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Reportage

Liban: la grande manifestation de Beyrouth a galvanisé les contestataires

Un manifestant brandissant un drapeau du Liban lors du la manifestation à Beyrouth du 8 août 2020.
Un manifestant brandissant un drapeau du Liban lors du la manifestation à Beyrouth du 8 août 2020. JOSEPH EID / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au lendemain de la mobilisation anti-gouvernementale qui a réuni plusieurs milliers de personnes à Beyrouth, de jeunes Libanais tentent d'effacer les stigmates des affrontements qui ont lieu en marge du rassemblement. Mais leur détermination à chasser la classe politique du pouvoir reste intacte.

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Avec notre envoyé spécial à Beyrouth, Pierre Olivier

Dès ce dimanche matin, ils étaient déjà plusieurs dizaines de jeunes gens, balais ou pelles à la main, à nettoyer les rues, marquées par les explosions et la manifestation, du quartier près du port. Au lendemain du rassemblement contre le gouvernement qui a réuni plusieurs milliers de personnes, les Libanais sont plus déterminés que jamais à poursuivre le mouvement.

« Hier, j’ai vu sur la place des Martyrs, des Libanais qui étaient vraiment unis et qui voulaient éliminer les partis politiques. C’est ce qui m’a donné encore une force pour avoir l’espoir que le Liban va se relever », raconte à RFI Ronald Ibrahim, 28 ans.

La colère du peuple avait un temps été mise entre parenthèses, avec la crise du Covid-19. Mais samedi, tous les manifestants s’accordaient à dire que cette journée allait rester gravée dans l’histoire du Liban. « J’habitais à New-York et je ne sais pas encore si je vais y retourner. Franchement, après ce qui s’est passé ici, les gens doivent se dire que j’aimerais retourner à New-York. Mais non, je ne veux pas. Je dois rester ici. Je dois faire quelque chose. Ça suffit », affirme Mariam, une manifestante de 28 ans.

De nouvelles manifestations attendues

Mais pour certains volontaires, nettoyer les rues, aider, est encore plus important que de manifester. Même si la manifestation a réuni une foule conséquente et que la ministre de l’Information a démissionnée, estimant que le gouvernement n’avait « pas pu répondre » aux attentes du peuple, Bassem, 38 ans, est pessimiste. : « J’ai déjà vu trop de manifestations, mais ce que je vois, c’est comme un élastique. Il y a un peu de tension et puis aussitôt que la tension et l’effort du peuple se relâchent juste un petit peu, ça revient comme avant. »

Malgré quelques démissions de parlementaires et l'annonce de législatives anticipées, ces jeunes volontaires constatent qu’ils sont toujours seuls dans les rues, avec leurs balais, sans aide de l’État.

Ce dimanche, de nouvelles mobilisations se sont déroulées dans la capitale, là aussi émaillées de heurts. Samedi, la mobilisation avait été marquée par des assauts contre des ministères lancés par des manifestants en colère, un acte symbolique et un message fort montrant la volonté des protestataires de reprendre le contrôle de leurs institutions. Immédiatement repoussés par la police anti-émeute, des affrontements sporadiques avaient éclatés ça et là, jusque tard dans la nuit.

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