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Territoires disputés

La Cisjordanie, entre occupation et annexion

Dans le kibboutz de Kfar Etzion, un musée retrace l'histoire des communautés juives sur place de 1927 à 1948.
Dans le kibboutz de Kfar Etzion, un musée retrace l'histoire des communautés juives sur place de 1927 à 1948. RFI/Guilhem Delteil
18 mn

Les frontières internationalement reconnues d’Israël s’arrêtent à la ligne verte, marquant la séparation avec la Cisjordanie. Mais depuis 1967, le pays occupe ce territoire palestinien. À la faveur des Accords d’Oslo, les Palestiniens ont pu y développer une certaine autonomie. Mais le processus de paix est à l’arrêt et le gouvernement israélien menace désormais d’en annexer une partie.

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De notre correspondant à Jérusalem,

En cette journée d’été, la colline est écrasée de soleil. L’environnement est assez aride, le sol plutôt rocailleux, mais l’emplacement est convoité. Kfar Etzion est un kibboutz israélien situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Jérusalem, en territoire palestinien occupé. Aux yeux du droit international, c’est une colonie.

Elle fut même la première créée par Israël lorsque le pays a pris le contrôle de la Cisjordanie à l’issue de la guerre des Six jours en 1967. « Mais c’est la seule localité israélienne en Cisjordanie où vous ne pouvez pas parler d’occupation » estime pour sa part Maya Harlavan, une jeune femme de 20 ans travaillant au musée du kibboutz. « Les Juifs étaient là avant 1948, les Arabes ne l’étaient pas » s’explique-t-elle.

Une première communauté juive s’était installée dans ces collines en 1927. Elle en a été chassée par une révolte arabe en 1929, mais a été sauvée à l’époque par les habitants des villages arabes voisins. Cinq ans plus tard, une nouvelle communauté s’installe. Mais les localités arabes alentour refusent de travailler et de commercer avec elle. Sous la pression économique, la communauté finit par partir en 1939.

Chute du kibboutz

Mais l’ardeur à faire vivre une communauté juive sur cette colline, « à mi-chemin entre les deux villes les plus importantes du judaïsme, Jérusalem et Hébron » précise Maya Harlavan, ne s’éteint pas. Le kibboutz est récréé en 1943. Quatre autres apparaissent également dans les environs. Lorsque l’ONU vote en 1947 le plan de partition de la Palestine qui donnera naissance à Israël l’année suivante, 32 communautés juives se trouvent en dehors des frontières du futur État. Ces cinq communautés en faisaient partie, mais à Kfar Etzion, les habitants refusent de partir. Les tensions sont de plus en plus vives, les attaques se multiplient, les femmes et les enfants sont évacués, mais les hommes décident de rester défendre leur communauté. À la veille de la proclamation de l’indépendance d’Israël, le kibboutz tombe. Ses habitants encore présents sont tués.

Les survivants de Kfar Etzion s’établissent en Israël et font vivre la mémoire du kibboutz. « Les orphelins ont grandi en collectivité et le groupe nous a fait vivre Kfar Etzion » se souvient Israël Sadiil. Ce septuagénaire n’a jamais connu son père, tué dans la bataille de 1948. Sa mère était enceinte lorsqu’elle a quitté le kibboutz. Pendant dix ans après leur départ, les anciens habitants de Kfar Etzion ont vécu ensemble. Au fil des ans, ils se sont éloignés. « Mais nous nous retrouvions pour les célébrations : les mariages, les bar et bat-mitsva. Tous les ans, nous participions à la journée de commémoration des personnes tombées pour l’État. Et puis nous avions des camps d’été ensemble » raconte Israël Sadiil.

Israël Sadiil (droite) vient d'une famille qui avait vécu à Kfar Etzion avant 1948. Il s'est lui-même installé sur place en octobre 1967, quelques mois après qu'Israël ait pris le contrôle de la Cisjordanie.
Israël Sadiil (droite) vient d'une famille qui avait vécu à Kfar Etzion avant 1948. Il s'est lui-même installé sur place en octobre 1967, quelques mois après qu'Israël ait pris le contrôle de la Cisjordanie. Guilhem Delteil

Retour « à la maison »

À l’issue de la guerre des Six Jours en juin 1967, Israël ravit le contrôle de la Cisjordanie aux Jordaniens. Trois semaines plus tard, les familles de Kfar Etzion sont autorisées par l’armée israélienne à venir passer la journée sur le site. Au mois de septembre, Hanan Porat, né à Kfar Etzion, décide de rétablir la communauté. Le gouvernement israélien, dirigé par Levi Eshkol du Mapaï (ancêtre du parti travailliste), lui en donne l’autorisation. « En 1967, on pensait que les Nations unies nous forceraient à rendre la Judée Samarie », explique Israël Sadiil en utilisant le nom donné par les Israéliens à la Cisjordanie. Y développer des communautés juives était un moyen de s’assurer d’en garder le contrôle. Lui-même est venu s’installer dans ce kibboutz renaissant un mois plus tard, à l’issue de son service militaire. « J’étais revenu à la maison, ce n’est pas un lieu anodin » juge-t-il. Kfar Etzion a été la première colonie israélienne en Cisjordanie. Elle se trouve aujourd’hui au cœur d’un « bloc » : 22 colonies où vivent plus de 75 000 Israéliens.

Rapidement après la guerre des Six Jours, quelques Israéliens veulent également s’installer à Hébron. La ville héberge le tombeau des Patriarches. Un édifice historique regroupant les sépultures attribuées aux patriarches de la Bible Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que celles de leurs femmes Sarah, Rebecca et Léa. Le site est un lieu saint pour les trois grandes religions monothéistes, l’un des plus importants du judaïsme après le Mur des Lamentations à Jérusalem. Pouvoir se rendre au Tombeau des Patriarches est donc important aux yeux de certains juifs pratiquants.

Colonisée de l’intérieur

S’installer à Hébron est aussi vu par ces Israéliens comme un « retour ». Car si en 1967 la ville ne compte que des Palestiniens, elle a accueilli une communauté juive durant la majorité de son histoire. La communauté avait été évacuée en 1929, sous le mandat britannique, après le massacre de 67 de ses membres par des habitants arabes de la ville. Dès 1968, une colonie, Kiryat Arba, est créée aux abords de la ville. Mais à la fin des années 70, les Israéliens commencent à occuper des bâtiments de la vieille ville et s’y installent petit à petit.

Aujourd’hui, cinq colonies dans lesquelles vivent près de 800 personnes se situent à quelques centaines de mètres du Tombeau des Patriarches. « Mon ancienne école primaire est aujourd’hui une yeshiva (une école religieuse juive ndlr) et la clinique où ma mère se faisait soigner gratuitement dans la vieille ville a également été prise par les colons », indique Anwar Abu Eisheh, élu municipal et président de l’association Hébron-France. Hébron est la seule ville palestinienne colonisée de l’intérieur.

En 1997, Palestiniens et Israéliens ont signé le protocole de Hébron. Israël remet alors le contrôle de 80 % de la ville à la toute nouvelle Autorité palestinienne : c’est la partie nommée H1. Mais la puissance occupante conserve le contrôle de 20 % de la ville : H2, comprenant la partie historique, les colonies israéliennes, mais aussi les habitations de 33 000 Palestiniens.

« Dès ses débuts, le processus de colonisation de l’intérieur de la ville a déclenché un cycle d’attaques violentes et de représailles entre les colons israéliens et les résidents palestiniens qui a entraîné un grand nombre de victimes des deux côtés » note OCHA, l’agence humanitaire des Nations unies. « Citant le besoin d’empêcher les frictions entre les deux populations, les autorités israéliennes ont graduellement isolé le centre d’Hébron du reste de la ville, coupant la continuité entre les parties sud et nord de la ville. Cette politique a été guidée par ce que les autorités israéliennes nomment le "principe de séparation" » poursuit le rapport.

Immeubles murés

Ce « principe de séparation » a été appliqué progressivement à partir de 1994. Le 25 février, Baruch Goldstein, un habitant de la colonie voisine de Kiryat Arba, a ouvert le feu sur un groupe de musulmans priant à l’intérieur de la Mosquée d’Abraham, nom donné au Tombeau des patriarches par les musulmans. 29 Palestiniens ont été tués, déclenchant des violences dans la ville et en Cisjordanie. « Israël a alors introduit un système afin de réguler un accès séparé » au site, note OCHA. Mais la séparation « systématique » entre la zone des colonies et le reste de la ville a, elle, commencé à partir de la seconde Intifada, au début des années 2000.

Des manifestants palestiniens face aux soldats israéliens, le 3 septembre 2017, dans la vieille ville d'Hébron.
Des manifestants palestiniens face aux soldats israéliens, le 3 septembre 2017, dans la vieille ville d'Hébron. REUTERS/Mussa Qawasma

Aujourd’hui, la vieille ville de Hébron est traversée par des rues à l’activité très réduite, voire totalement désertes. « Plus de 1 500 commerces ont été fermés sur ordonnance militaire d’Israël » indique Anwar Abu Eisheh, notant que « seule une centaine de commerces sont actuellement ouverts ». Des immeubles ont également été murés, des grillages installés aux fenêtres des habitations palestiniennes. La vieille ville a des allures de ville fantôme. Beaucoup de ses habitants palestiniens ont préféré aller s’installer dans la ville moderne, sous contrôle de l’Autorité palestinienne.

Autour de 5 000 Palestiniens vivent toujours dans la vieille ville, sous le contrôle de l’armée israélienne. Pour beaucoup, rester est un acte de résistance. Les conditions de vie y sont difficiles. Certaines zones autour des colonies sont restreintes d’accès. « Les résidents palestiniens souhaitant recevoir de la visite doivent annoncer leurs visiteurs », indique Anwar Abu Eisheh. « Ils doivent donner leurs numéros d’identité 24 heures à l’avance et aller les chercher au poste de contrôle où les visiteurs doivent laisser leur carte d’identité ». La division géographique donne lieu aussi à des situations absurdes : pour accéder au cimetière, les Palestiniens doivent traverser la rue des Martyrs. Celle-ci leur est désormais interdite. « Il faut contourner la rue et faire pour cela un détour de 7 kilomètres » précise l’élu municipal, ancien ministre palestinien de la Culture.

Intérêt stratégique

Disputée pour son importance historique, la Cisjordanie représente aussi un intérêt stratégique majeur. Israël en a pris le contrôle à l’issue de la guerre des Six Jours en 1967. Le conflit était, aux yeux d’Israël, défensif. Le pays a répondu à ce qu’il avait préalablement défini comme une déclaration de guerre. Le blocus du détroit de Tiran donnant l’accès à la mer Rouge aux navires israéliens initié par le président égyptien Gamal Abdel Nasser.

En six jours, Israël prend le contrôle de vastes pans de territoires. La péninsule du Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie et une partie du plateau du Golan. Si la péninsule du Sinaï a été rendue aux Égyptiens à l’issue de l’accord de paix signé entre les deux pays en 1979 et la bande de Gaza évacuée en 2005, un retrait complet de la Cisjordanie n’est pas envisagé.

À la fin de la guerre des Six Jours, le ministre israélien du Travail Yigal Allon dessine un plan de partage de la Cisjordanie. Israël envisage de rendre une partie du territoire à la Jordanie : les zones les plus peuplées, autour des grandes villes (Ramallah, Bethléem, Hébron, Naplouse, Jénine, Jéricho…). Mais les autorités israéliennes veulent conserver le contrôle des frontières. Une bande de 15 kilomètres à l’ouest de la vallée du Jourdain, de 25 kilomètres autour de la mer Morte devaient être annexées au territoire israélien. Et la région de Jérusalem devait elle aussi être rattachée à Israël. Un plan de partage qui devait, selon son concepteur, permettre aux Palestiniens d’obtenir un espace national tout en assurant la sécurité d’Israël. Mais les concessions territoriales ont été jugées trop importantes pour être acceptées par le roi Hussein de Jordanie.

Studio graphique FMM

Plus de 250 colonies

Dès l’élaboration du plan Allon, le recours à la colonisation pour préserver les intérêts stratégiques d’Israël est évoqué. Le plan prévoit la création de colonies dans les zones destinées à passer sous souveraineté israélienne. Cette présence civile israélienne dans les territoires situés au-delà de la ligne verte, celle marquant les frontières internationalement reconnues du pays, est perçue comme une garantie sécuritaire. Plus cette présence est forte, plus elle s’inscrit dans la durée. Et la présence de civils israéliens justifie une présence militaire.

Aujourd’hui, l’organisation israélienne anti-colonisation « La Paix Maintenant » recense plus de 250 colonies en Cisjordanie. Toutes sont illégales au regard du droit international. Le 23 novembre 2016, le conseil de sécurité de l’ONU adoptait une nouvelle résolution, s’appuyant sur dix précédentes décisions de l’organisation depuis 1967, qui exigeait d’Israël que le pays « arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ». Mais près de la moitié des colonies sont aussi illégales aux yeux de la loi israélienne. Et les évacuations de celles-ci sont rares.

Selon La Paix Maintenant, 126 de ces colonies dites sauvages ont vu le jour, mais seules deux ont été détruites. L’organisation relevait également en 2007, quarante ans après le début de l’occupation israélienne de la Cisjordanie, que près d’un quart des terres sur lesquelles les colonies sont construites sont des terrains privés palestiniens confisqués.

Oslo

Depuis le plan Allon, les autres initiatives de paix proposées ou évoquées n’ont jamais acté non plus un retrait complet d’Israël de Cisjordanie. La plus aboutie fut les Accords d’Oslo : ceux-ci ont été signés par les Israéliens et les Palestiniens lors d’une cérémonie dans les jardins de la Maison Blanche le 13 septembre 1993. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) reconnaissait alors Israël, et Israël reconnaissait l’OLP comme représentant du peuple palestinien. Et les deux parties s’engageaient à mettre en place une relative autonomie palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mais les Accords n’étaient qu’intérimaires et n’évoquaient pas tous les points de contentieux.

L’avenir des colonies ainsi que la définition et le contrôle des frontières avaient notamment été laissés pour les négociations finales qui n’ont jamais abouti. L’application des Accords d’Oslo a entraîné le retrait de l’armée israélienne des villes palestiniennes, mais pas de l’ensemble de la Cisjordanie. Près des deux tiers de ce territoire restent sous le contrôle exclusif, tant sur le plan civil que sécuritaire, d’Israël.

La plus récente initiative de paix est celle de l’administration Trump. « L’accord du siècle » tel qu’il a été nommé par le président américain a été présenté le 28 janvier 2020 à la Maison Blanche. Il s’éloigne de l’esprit d’Oslo, la création d’un État palestinien souverain dans les frontières de 1967, qui reste la position officiellement défendue par la communauté internationale. « La paix s’appuie sur la vérité » justifie Jared Kushner, l’auteur de ce plan. Il souligne l’histoire juive en Cisjordanie et les besoins sécuritaires d’Israël.

Le plan contient une carte qui redessine les frontières entre Israël et les Territoires palestiniens. Dans ce scénario, Israël conserverait le contrôle des colonies de Cisjordanie, de la vallée du Jourdain et des rives de la Mer morte : 30 % de la Cisjordanie seraient ainsi intégrés au territoire israélien. En échange, les Palestiniens recevraient des terres dans le désert du Néguev, mais deux fois moins qu’ils n’en perdent au profit d’Israël.

Le plan de paix présenté par Donald Trump en janvier dernier accorde une partie de la Cisjordanie à Israël.
Le plan de paix présenté par Donald Trump en janvier dernier accorde une partie de la Cisjordanie à Israël. Guilhem Delteil

Une annexion abandonnée

S’appuyant sur ce plan de paix rejeté par les Palestiniens et l’ensemble de la communauté internationale à l’exception des États-Unis, Benyamin Netanyahu a promis durant la dernière campagne électorale d’annexer une partie de la Cisjordanie. L’accord de coalition qu’il a signé avec Benny Gantz, son ancien rival, lui permettait demettre en œuvre cette promesse de campagne à partir du 1er juillet. Mais il ne disposait pas d’une majorité politique pour le faire. Ses projets ont suscité une levée de boucliers sur la scène internationale. Et même les États-Unis ne lui ont pas apporté leur soutien, réclamant des concessions d’Israël à l’égard des Palestiniens que Benyamin Netanyahu a rejetées.

La perspective d’annexion était vivement combattue par les dirigeants palestiniens. Aux mois de mai et juin, ils ont mobilisé leurs soutiens internationaux pour tenter de bloquer cette évolution. « Nous sommes peut-être le peuple le plus faible du monde » déclarait Saëb Erekat, le négociateur en chef de l’Organisation de libération de la Palestine, à RFI au mois de juin, dénonçant une tentative d’imposer une solution sans négociation. « Mais nous avons décidé de résister. Nous n’allons pas signer pour l’Apartheid ». « Il n’y a aucun moyen que nous puissions accepter cette annexion » abondait pour sa part le Premier ministre Mohamed Shtayyeh, rappelant qu’en vertu des Accords d’Oslo, Israël devait céder progressivement le contrôle de pans supplémentaires de la Cisjordanie à l’Autorité palestinienne. « Le monde doit choisir entre le droit international et l’annexion », prévenait le chef du gouvernement.

Les projets d'annexion semblent pour l'instant arrêtés. Ce jeudi 13 août, Israël et les Émirats arabes unis ont annoncé leur volonté de parvenir à un accord de paix. Et Abu Dhabi était opposé à l'annexion de pans de la Cisjordanie par Israël. Le communiqué commun publié par les deux pays avec les Etats-Unis précise qu'Israël « va suspendre la déclaration de souveraineté » et « concentrer ses efforts sur le développement de liens avec d'autres pays du monde arabe et musulman ». Benyamin Netanyahu assure que le projet est à « l'arrêt temporairement » mais qu'il entend toujours le mener à bien. Aucune évolution ne semble toutefois possible avant l'élection présidentielle américaine du mois de novembre.

Cour pénale internationale

Pour l’heure, la promesse de campagne de Benyamin Netanyahu est donc enterrée. Mais la poursuite de la colonisation israélienne de la Cisjordanie fragilise une solution de paix basée sur l’existence de deux États vivants côte à côte de manière pacifique. Et en l’absence de négociations depuis dix ans, les dirigeants palestiniens ont fait le choix de se tourner vers la Cour pénale internationale. La Palestine a fait son entrée à l’ONU en tant qu’État observateur le 29 novembre 2012. Fort de cette reconnaissance, le gouvernement palestinien a ensuite ratifié plusieurs traités internationaux, adhérant notamment en 2015 au Statut de Rome qui régit la Cour pénale internationale.

En droit international, le déplacement de populations civiles dans des zones occupées relève d’un crime de guerre. Dénonçant la colonisation israélienne de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, les dirigeants palestiniens ont saisi la Cour pénale internationale. L’éventuelle ouverture d’une enquête pourrait conduire à l’émission de mandats d’arrêt contre des responsables politiques et militaires israéliens. La plainte, déposée en 2015, suit son cours à La Haye.

En décembre 2019, la procureure avait estimé que les critères étaient remplis pour justifier l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre en Palestine. Une lecture immédiatement rejetée par le Premier ministre israélien. « La cour n’a de juridiction que sur les territoires d’États souverains et il n’y a jamais eu d’État palestinien souverain », a déclaré Benyamin Netanyahu. Fatou Bensouda, elle, estime que « l’État de Palestine » est bien membre du Statut de Rome. Mais elle reconnaît que la question de la souveraineté de cet État est complexe.

Fatou Ben Souda a demandé à une chambre préliminaire de la CPI de statuer sur la compétence territoriale de la Cour dans ce dossier. Les Palestiniens revendiquent un État dans les frontières de 1967. La Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est. C’est à la chambre préliminaire de la CPI qu’il revient désormais de statuer sur l’existence légale de l’État palestinien et, le cas échéant, sur la délimitation de ses frontières.

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