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Irak: une série d'assassinats de militants replonge le pays dans la peur

Des étudiants irakiens protestent à Bassora,en Irak, le 28 janvier 2020 (Photo d'illustration).
Des étudiants irakiens protestent à Bassora,en Irak, le 28 janvier 2020 (Photo d'illustration). REUTERS/Essam al-Sudani
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Irak, une série d'assassinats replonge les manifestants dans la peur. En moins d'une semaine, à Bassora, dans le sud du pays, deux militants ont été assassinés et trois autres ont été blessés.

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Son nom vient s'ajouter à la longue liste des manifestants irakiens tués par des miliciens non-identifiés. Mercredi, Riham Yacoub, une jeune militante de Bassorah a été criblée de balles. Elle était au volant de sa voiture lorsque des hommes chevauchant un scooter et armés de fusils d'assaut, l'ont tuée sur le coup, blessant les trois autres passagères.

Riham Yacoub « a rejoint la caravane des martyrs » s'exclame sur Twitter une militante irakienne. « Qui sera le prochain? », peut-on lire ailleurs. « Jusqu'où iront-ils ? ».

Depuis sa mort, mercredi, ils sont nombreux à s'interroger sur cette escalade de la violence à Bassorah. Riham Yacoub était médecin et coach de fitness, plusieurs fois menacée de mort. Depuis deux ans, elle participait aux mouvements de contestation pour dénoncer la déliquescence des services publics et la corruption des autorités locales. Charismatique, on la retrouvait à la tête des cortèges de manifestantes.

Un autre militant tué

Son assassinat est intervenu quelques jours après le meurtre d'un autre militant, Tahseen Osama, lui aussi, tué de sang-froid par des miliciens. En réaction, des manifestants ont encerclé le bâtiment du gouvernorat de la région. Aux jets de pierres et de cocktail molotov, les forces de sécurité ont répliqué par des tirs à balles réelles.

Ces assassinats ont provoqué l'indignation des chancelleries occidentales, qui ont toutes réclamé justice. Face à ces violences, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a limogé lundi le chef de la police de la ville et demandé l'ouverture d'une enquête. Al-Kazimi avait promis, lors de sa prise de fonction en mai, de protéger les manifestants contre les assauts répétés de ces milices hors-la-loi. Mais pour les irakiens qui descendent dans la rue, ces promesses sont restées lettre morte.

Au total, depuis l'année dernière, il y a eu « huit assassinats et sept tentatives d'assassinat à Bassora », rappelle Mehdi al-Tamimi, chef du Conseil des droits humains de la ville. Pour tous ces assassinats, aucune enquête officielle n'a jusqu'ici mené à des arrestations ou même donné des pistes sur les auteurs. Mais la plupart des militants enlevés ou ayant réchappé à des tentatives d'assassinat assurent avoir reçu des menaces, par téléphone ou sur les réseaux sociaux proférées, assurent-ils, par des « milices ». Un terme utilisé en Irak pour désigner les factions armées pro-Iran.

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