Égypte: le militant Bahey Eldin Hassan condamné à 15 ans de prison par contumace

Bahey Eldin Hassan lors d'une table ronde consacrée à la situation en Égypte, à Washington, en 2018.
Bahey Eldin Hassan lors d'une table ronde consacrée à la situation en Égypte, à Washington, en 2018. POMED / Wikimedia / CC
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le directeur de l’Institut des études pour les droits de l’homme du Caire a été condamné par contumace, mardi 25 août, pour « publication de fausses nouvelles, d’incitation à la violence et d’outrage à la justice ».

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Exilé en France depuis six ans, Bahey Eldin Hassan a réagi par téléphone au verdict de la justice égyptienne. « Ce jugement n’est pas une surprise, explique-t-il au micro de Murielle Paradon de RFI. Toute personne qui suit de près la façon dont le système judiciaire fonctionne en Égypte sait que ce fonctionnement est devenu scandaleux. Je ne me considère pas comme une victime car je suis un défenseur des droits humains. Mon travail est de défendre les droits des autres. Il y a des dizaines de milliers d’Égyptiens innocents qui sont en prison pour des années, certains sont morts. »

C’est le tribunal chargé des affaires de terrorisme qui a jugé et condamné Bahey Eldin Hassan, l’un des pionniers des organisations de défense des droits humains en Égypte, précise notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. C’est sous sa direction que l’Organisation égyptienne des droits de l’homme a publié le premier rapport égyptien détaillé sur la torture.

« Une cause morale »

En 1993, Bahey Eldin Hassan fonde l’Institut des études pour les droits de l’homme du Caire. Après la destitution de l’ex-président Moubarak, Hassan refuse de rejoindre le très officiel Conseil national des droits de l’homme une fois sous les Frères musulmans et une autre après la destitution du président Mohamed Morsi.

Quelques semaines après l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi en 2014, Bahey Eldin Hassan reçoit des menaces de mort et quitte l’Égypte. Depuis son exil, il dénonce régulièrement, via son compte Twitter, les atteintes aux droits de l’homme en Égypte.

L’activiste va-t-il continuer à tweeter et à critiquer le régime ? « Bien sûr, c’est mon travail, confie-t-il. En fait ce n’est pas vraiment un travail ni une forme d’opposition politique, c’est davantage une cause morale de défendre les droits humains. »

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