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Iran: la soeur d'un étudiant détenu accuse les autorités d'extorsion d'aveux

Une place de Téhéran, le 30 août 2020 (photo d'illustration).
Une place de Téhéran, le 30 août 2020 (photo d'illustration). Majid Asgarpour/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Plaider coupable pour une peine de prison à vie ou être condamnés à mort : voilà le choix qui aurait été soumis à deux étudiants iraniens détenus depuis 150 jours par les forces de sécurité iraniennes, accusés de liens avec l'Organisation des moudjahiddines du peuple. Selon la sœur de l'un deux, ils n’auraient pas eu d’accès à un avocat de leur choix. Des pratiques illégales qu’elle a dénoncées dimanche 6 septembre, comme l’avocate et lauréate du prix Sakharov Nasrin Sotoudeh, en grève de la faim.

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Ali Younessi a 20 ans, tout comme son ami Amir Hossein Moradi. Tous les deux sont de brillants étudiants de l'université Sharif, à Téhéran. Lors de leur arrestation le 10 avril, Ali Younessi a eu le visage en sang, selon le témoignage de sa sœur. Les deux garçons ont ensuite été placés à l'isolement pendant deux mois dans la prison d'Evin, à Téhéran, accusés d'entretenir des liens avec l'Organisation des moudjahiddines du peuple. Aucune preuve n’a été présentée.

Au sortir de l'isolement, Ali Younessi a rejeté ces accusations et a exigé que son cas ne soit plus géré par le ministère des Renseignements, mais par une cour de justice ordinaire, afin de pouvoir se défendre, dit-il.

Une confession et la prison à vie pour échapper à la peine de mort

Les deux étudiants sont toujours détenus dans la prison d'Evin sous le contrôle des Gardiens de la révolution. Selon la sœur d'Ali Younessi, leurs interrogateurs tentent depuis trois semaines de leur imposer une confession télévisée. Ils écoperaient ainsi d'une peine de prison à vie, mais échapperaient à la peine de mort.

Sur les réseaux sociaux, le visage de ces deux hommes s'affiche aujourd'hui aux côtés de ceux de milliers d'autres prisonniers politiques. Parmi eux, notamment Navid Afkari - manifestant et sportif de renom condamné à la peine de mort et à 74 coups de fouet après avoir avoué sous la torture -, ainsi que l'avocate Nasrin Sotoudeh. Emprisonnée à Evin également, la lauréate du prix Sakharov est en grève de la faim depuis le 11 août pour dénoncer les conditions de détention des prisonniers politique.

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