L'Iran dit avoir exécuté le lutteur Navid Afkari, condamné pour meurtre

Vue de Téhéran.
Vue de Téhéran. RFI/Muriel Paradon
Texte par : RFI Suivre
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L'Iran a annoncé samedi 12 septembre avoir exécuté un jeune lutteur, Navid Afkari, condamné à mort pour le meurtre d'un fonctionnaire lors d' « émeutes » en 2018, selon le site internet de la télévision d'État.

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L'Iran a annoncé samedi 12 septembre avoir exécuté un jeune lutteur, Navid Afkari, condamné à mort pour le meurtre d'un fonctionnaire lors d'« émeutes » en 2018, selon le site internet de la télévision d'Etat.

La sentence du « qesas », c'est-à-dire la « loi du talion », une peine de « rétribution », a été exécutée ce matin dans une prison de Chiraz, a indiqué à la télévision étatique le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi. La peine capitale a été appliquée « face à l'insistance de la famille de la victime », a-t-il ajouté.

Mais selon l'avocat de Navid Afkari, Me Hassan Younessi, une rencontre avec la famille de la victime devait avoir lieu dimanche 13 septembre pour « demander pardon » et ainsi éviter l'application de la peine capitale. « Étiez-vous si pressés que vous avez refusé à Navid son droit à une dernière visite », s'est insurgé Me Hassan Younessi sur Twitter.

L'organisation de défense des droits humains Amnesty international s'était alarmée vendredi 11 septembre de l'« exécution secrète imminente » de Navid Afkari, affirmant que lui et ses deux frères, condamnés à de lourdes peines de prison dans la même affaire, étaient les « dernières victimes du système judiciaire iranien déficient ». Le Comité international olympique (CIO) s'est dit « choqué » par l'exécution du lutteur iranien.

Selon l'Autorité judiciaire, Navid Afkari avait été reconnu coupable d'« homicide volontaire » sur un fonctionnaire de la régie publique de l'eau à Chiraz, dans le sud du pays, poignardé le 2 août 2018.

Soutien de Donald Trump

Comme plusieurs autres villes d'Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays.

Le verdict avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l'étranger après la publication d'informations à l'étranger affirmant que Navid Afkari, 27 ans, avait été condamné sur la base d'aveux extorqués sous la torture.

Le président américain Donald Trump avait appelé l'Iran à épargner la vie d'une « grande star de la lutte qui n'a fait que participer à une manifestation antigouvernement ».

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l'Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort publié par Amnesty International. Ce nombre a néanmoins diminué de moitié par rapport à 2018, selon Amnesty.

(Avec AFP)

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